J’ai écrit que j’étais assise au café de La Plage au bord du bassin de la Villette à Paris, en réalité j’écrivais depuis la taverne « 1975 » située pour le coup juste en face du tout petit mais néanmoins international aéroport de Mykonos. Dans l’attente de mon vol prévu à 20h tout pile et forcément avec un certain retard, j’avais tout l’après-midi pour me poser quelque part et avancer d’une manière ou d’une autre, sans que ce soit dans un bassin ou sur une piste de stade ou simplement cyclable. Je suis partie de Tinos par le ferry de 11h45, j’ai profité du court trajet pour visualiser de loin la distance de la baie parcourue à la nage. Il faut parfois être programmé pour certaines actions pour qu’elles passent pour simple formalité alors qu’une fois accomplies et d’un extérieur relativement objectif, la traversée à la nage, en crawl et littéralement contre vents et marées m’est à ce moment apparue comme une prouesse, certainement relative, mais record tout de même. Je n’avais encore jamais parcouru la distance de trois kilomètres en eau libre, c’était chose faite.

Lever avant sept heures du matin puisque la fanfare, qu’on aurait cru recrutée exprès pour la célébration de la fête nationale, m’avait tirée du lit plus tôt que prévu, pas de grasse matinée en ce dernier jour de vacances sur l’île de Tinos pour moi. J’ai chaussé mes baskets et je suis partie à la chasse aux figues, j’avais déjà repéré quelques plantations très prometteuses. je n’ai pas été déçue par la course sur laquelle j’ai avalé plus de fruits que de kilomètres. Le parcours que j’ai repéré depuis quelques années et qui reste mon préféré traverse le port d’un extrême à l’autre par les quais puis remonte sur un joli dénivelé de deux kilomètres derrière la basilique vers laquelle convergent les pèlerins à genoux. Je me laisse ensuite glisser par les axes routiers bordés de figuiers jusqu’à l’autre pointe de la baie, à l’opposé de l’appartement vers lequel j’achève ma sortie sur les cinq derniers kilomètres en bord de plage. Le tracé est la plupart du temps très venté mais reste idéal.

En débarquant dans le port de Mykonos à midi et demi, j’ai décidé de monter à pieds jusqu’à l’aéroport, j’avais du temps devant moi avant le décollage le soir, beaucoup de temps. Les trottoirs étant quasi inexistants, j’ai frôlé plusieurs camions qui roulaient à vive allure sur la route et croisé très peu d’autres piétons. A cette heure chaude de la journée, la plupart des touristes devaient être à la plage ou en taverne. Arrivée à destination, je me suis à mon tour posée sur la terrasse de l’établissement le plus proche de l’aéroport pour commencer à y écrire, la taverne « 1975 » qui est devenu le point d’accroche de mon récit. L’incendie du quartier de Mati, le marathon d’Athènes, le club de course et les premiers émois en triathlon, et alors que j’avais encore en tête les paysages calcinés non loin du port de Rafina, mon texte s’est évaporé tout d’un coup, il n’en restait plus rien que le seul souvenir de son accroche, le nom de la taverne « 1975 », qui est aussi mon année de naissance.

Peut-être, d’une certaine manière, me faut-il renaître pour passer au format M.

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