Je finis ma deuxième série de triple effort pendant mes vacances le samedi matin avec quarante minutes de renforcement musculaire, j’avais déjà noté qu’un trajet paraît toujours plus court à mesure qu’on se familiarise avec chacun de ses segments, en serait-il de même pour une séance de fitness qui paraîtrait chaque fois moins longue à mesure que j’adopte les divers accessoires ? Je m’essaie même à la course sur tapis, j’ai l’impression de courir sur un trampoline, je plane, j’accélère jusqu’à tenir le plus longtemps possible sous les 4mn au kilomètre, je suis en nage et il ne me reste effectivement plus qu’à me détendre avec quelques longueurs de brasse, 1000m. Le bonnet de bain n’est pas obligatoire à Molitor, pour la première fois je nage sans et je laisse également mes lunettes dans la poche du peignoir, je ferme les yeux et je ressens tout plus fort. Deuxième journée entière de récupération dimanche, c’est jour de marché et ça tombe très bien. Après ma petite visite du haut de la Butte Montmartre mercredi, je veux lui montrer le bas de la Butte, mon village de Clignancourt auquel je tiens tout particulièrement, et il me semble que déambuler à la fin du marché, de long en large sur le boulevard Ornano, est une mise en ambiance d’autant plus pertinente que nous avions parlé de trouver des kakis à parfaite maturité. Les stands en regorgent, des kakis comme des clémentines, du cresson et des légumes d’hiver pour concocter les meilleures soupes pour se réchauffer après une sortie, les prix sont bradés, un stand propose ses produits à un euro le kilo, on aimerait tout pouvoir acheter et tout goûter. Plus loin, nous nous frayons un chemin parmi la clientèle de la Recyclerie, les gens sont en plein brunch et haussent la voix pour se faire entendre depuis les grandes tablées conviviales. L’appétit vient en marchant, nous rentrons préparer de quoi nous réchauffer le cœur et le corps. Enfin un film qui nous emporte dans sa construction et son intrigue, « Tre Piani » de Nanni Moretti nous laisse sans voix dans nos fauteuils en cuir de la salle 3 du cinéma Louxor à Barbès, le film se concentre sur les trois étages d’un immeuble dans lequel vivent trois familles dont nous suivons les aléas sur trois générations et chaque fois trois périodes séparées de cinq ans, comme les poupées russes l’histoire n’en finit pas de rebondir comme si le scénariste avait exploité toutes les pistes possibles jusqu’à ce que l’imagination soit épuisée et le public conquis. Nous parlons de partir à Naples, nous parlons du carnaval de Köln, elle me parle de la chanteuse Soko et des films d’Ozon, du conte de « La patte du chat », je sors des limbes d’un confinement profond, c’est en tout cas l’impression que j’ai lorsque je partage avec elle tout ce qui me tient à cœur et qu’elle me fait découvrir des univers dont je n’avais pas entendu parler encore, j’adore et je poursuis toute seule nos conversations, longtemps après l’avoir raccompagnée à la gare. Troisième et dernière série de triple effort en ce jour où je célèbre mon premier mensiversaire dans ce lieu d’effort et de plaisir, le temps est splendide et me permet de m’y rendre à vélo après une boucle de 7km de course à pied, je nage bonnet et lunettes à l’appui, je me sens alignée.

2 réflexions sur “Comment je ne suis pas (encore) devenue championne olympique de marathon #18

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