13/11-17/11. Il y a quatre ans, je célébrais les vacances que j’avais posées pour souffler loin de Paris et j’étais en train de boire un verre lorsque des sirènes incessantes avaient interrompu nos conversations, j’avais rejoint Elsa au Capitole, nous avions plaisanté sur la fin du monde. Nous n’étions pas loin du compte, un monde finissait et commençait une période de craintes et de menaces, nous ne connaissions pas encore l’ampleur de l’attentat au Bataclan, pourtant quelque chose avait bel et bien basculé soudain, jamais la peur nous avait assaillies ainsi. Aujourd’hui, Venise est sous l’eau, la lagune s’enfonce et les marées inondent la ville. Incroyable comme l’eau semble devenue indomptable lorsqu’elle sort de ses gongs, en colère. A Palerme, la pluie est prévue aussi, mais le temps sera bien évidemment plus clément, nous allons gagner près de vingt degrés et je prends deux tenues de course, je suis bien décidée à prendre le départ après cette période d’abstinence, ne serait-ce que pour aller jusqu’à la mer en suivant le tracé et revenir en bus. Mes dernières courses étant toutes tombées à l’eau, s’il ne pleut pas dimanche, cela signifiera pour moi le feu vert, la fracture ne me faisant plus mal.

17/11-17/11. La pluie était annoncée jusqu’à la veille encore, or c’est un joli soleil qui nous attend le matin au réveil. Nous avons profité de la douceur des températures pour visiter la ville samedi, la cathédrale, via Roma et via Libertà, les palais majestueux, sublime Palerme. Contrairement à d’autres coureurs qui prennent le départ du marathon, je ne suis pas stressée, il n’y a pour moi aucun enjeu, quelle que soit la distance que je cours, pourvu que je retrouve de belles sensations et que je me fasse plaisir en continuant à profiter du charme de la ville. Après un discours interminable, le départ est donné, nous nous élançons vers le front de mer opposé au port, en traversant un parc sur les hauteurs de Palerme, les cyclistes doivent se régaler. Je pars avec les trois autres filles du groupe, j’avais en tête de courir 8 km mais je me sens en forme et je ne veux pas quitter les autres, sur qui je cale ma foulée. Notre championne nous distance après quelques kilomètres pour suivre son plan, elle atteindra son objectif. Peu avant le 10 km, la plage de Mondello s’offre à nous, le lieu est paisible et la boucle agréable. Je passe le 10km en 51mn, nous repartons en sens inverse et il va falloir remonter la côte jusqu’au Jardin Anglais, point de départ et d’arrivée au cœur de Palerme, personne ne s’attendait à affronter le moindre dénivelé sur un parcours réputé roulant et je sens bien que j’ai manqué d’entraînement durant les dernières semaines, mais je m’accroche. Le 15e kilomètre est passé et je ne me vois pas encore arrêter et marcher vers le groupe des supporters que j’ai prévu de rejoindre pour encourager les marathoniens, je pousse un peu plus et nous entrons à nouveau dans le centre-ville où les gens nous acclament alors que la dernière boucle du semi-marathon se dessine via Libertà avant de passer sous le porche. Aucune douleur au niveau de la fracture, j’accélère et je passe le porche, j’ai ma médaille.

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