Comme d’habitude je suis la première arrivée dans la salle du petit-déjeuner et je profite seule de mon premier café avant l’arrivée de mes camarades, mon assiette de fruits est polychrome. J’écris un poème tous les matins en utilisant le petit bloc-notes assorti du crayon papier que je trouve chaque fois au chevet de mon lit, comme avant j’utilisais le papier à lettre pour écrire des lettres qui n’arrivaient que rarement auprès de mon correspondant, ici je gribouille à souhait. Nous rejoignons le cortège de badauds venus assister au défilé, ce n’est pas difficile de savoir où se positionner pour voir, il suffit de suivre dans la même direction le cortège humain qui se dirige vers une grande place survolée bientôt par des miradors et autres avions pour finir par des hélicoptères d’un autre temps, le ciel est bleu comme en été, je suis à la fête comme à Tinos. Comme promis, nous voyons passer le roi et de nombreux chars qui déchirent des cris enthousiastes et de nombreux applaudissements à la foule, nous sommes prises par l’effervescence populaire et c’est l’appétit aiguisé que nous rentrons profiter d’un déjeuner à l’hôtel Orfila dont le chef Mario Sandoval assure la réputation comme dans le restaurant de l’hôtel Heritage où nous séjournons le soir-même et surtout, le chef étoilé œuvre au « Coque ». Pour l’instant, nous déjeunons au vin blanc dans le charmant petit patio de l’hôtel et le menu propose le poisson du jour, bar ou turbot, j’opte pour ce dernier et me régale de sa fraîcheur. Puis le trajet d’un hôtel vers le suivant nous fait monter dans les hauteurs de la ville côté chic, le quartier des ambassades est calme et les terrasses plutôt rares, nous découvrons notre nouveau havre les yeux grands ouverts, le style est différent, bien plus moderne et d’une folle élégance. Notre réservation pour le restaurant deux étoiles Coque, la soirée événement de notre séjour, est enregistrée pour 20h, ce qui nous laisse un répit propice à un bain, ma salle d’eau ouvre sur un balcon en plein milieu de la ville, j’aime sa lumière et l’effervescence urbaine cinq étages plus bas, on ne soupçonne pas le calme et la zénitude ambiante au cœur de ce petit bijou hôtelier. Nous partons à pied pour aller diner, en passant par la place Salamanque dont le nom me sera bien utile le lendemain matin pour courir dans le parc du Retiro situé à 1500m pile de l’hôtel, tout est prétexte à une photo ce soir, devant le nom de l’établissement, une fois devant le premier verre d’un apéritif qui s’étale sur trois lieux différents comme une chasse à la réjouissance qui nous convie à une découverte sensorielle phénoménale d’assortiments et de goûts magiques. Les plats de légumes et d’épices, olive et pistache, racine de lotus et concombre, laitue romaine et cèpes, safran et menthe, tout s’enchaîne avec les poissons, chipiron et langouste, une folie. Quand nous sortons de cette expérience trois heures plus tard, nous ne sommes plus les mêmes.

Aujourd’hui est un jour spécial, les inscriptions pour l’Ironman 70.3 des Sables ouvrent à 15h. Je suis réveillée avant 7h, motivée pour le premier footing de la semaine en profitant de la proximité du parc tant apprécié par les habitants de Madrid, il fait nuit noire quand je sors courir. Le parc est ouvert et déjà de nombreux coureurs en font le tour, équipés de frontale, je découvre les lieux et l’air frais me fait beaucoup de bien après la soirée gastronomique de la veille, j’entreprends le tour complet pour arriver à 5km et me poser défoulée pour le petit-déjeuner. J’ai en tête le footing que j’avais fait depuis la Bastide de Saint-Tropez, une kilomètre et demi jusqu’au port, exactement la même distance jusqu’à ma destination convoitée ici aussi, je m’étais ensuite perdue au retour si bien que j’avais dû arrêter une voiture pour être localisée sur un téléphone puisque j’étais partie les poches vides, exactement comme ce matin, sans erreur. La sortie du parc est identifiable et je sais qu’il me faut traverser la place de la Salamanque pour arriver ensuite à l’intersection où je trouverai à nouveau l’hôtel et son atmosphère si cosy que je crois bien qu’il s’agit de ma Maison préférée de la semaine, l’accueil y est chaleureux et j’aurais eu envie d’y rester quelques jours supplémentaires pour visiter les musées et me perdre, or notre trajet aujourd’hui nous mène en dehors de la ville pour avoir un aperçu de la campagne. Nous parvenons au Molino de Alcuneza après avoir traversé un paysage qui me rappelle la Provence de mes parents par ses terres ocres et arides, le voyage est éblouissant et dépaysant. Je me régale à l’idée de savoir que partout où je vis il y a un moulin, que ce soit sur la butte Montmartre ou sur mon île, alors cette nouvelle expérience d’un moulin en Espagne, qui plus est au pays de Don Quichotte, m’émerveille à l’avance, je frissone dès notre accueil à l’arrivée. Nos chambres sont de véritables appartements, le déjeuner est léger comme je le souhaitais et nous avons quartier libre avant la visite du village de Sigüenza et sa cathédrale en début de soirée, j’en profite pour griffonner un poème en gardant un œil sur le lien par lequel j’ai un accès personnel pour m’inscrire à mon triathlon, je suis dans la file d’attente et je fais la sieste. Il est 16h57 lorsqu’enfin le lien m’invite à enregistrer mon inscription dans le prochain quart d’heure, le rendez-vous pour la visite culturelle est fixé à 17h à la réception de l’hôtel et je me dois d’être à l’heure et respecter chaque contrainte pendant ce périple où je représente mon équipe plus que je ne joue à la cliente, je me concentre jusqu’au bout et en deux minutes me voici inscrite pour Les Sables d’Olonne au mois de juillet, c’est avec soulagement que je retrouve mes collègues pour la visite de la cathédrale du VIIIe siècle à peine érodée par le temps, la visite guidée dure près de deux heures et nous mène jusqu’au château reconverti en hôtel quatre étoiles, je suis bien contente d’être logée ailleurs que dans ce lieu, enfin je souffle.

Photo : ceci est une bière blanche Casimiro Mahou et son amuse-bouche.

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