Répétition de pupitre, nous nous retrouvons entre Altesses en ce samedi ensoleillé et à heure convenue pour travailler les points bloquants de nos parties d’alto, et il y en a, puis surtout pour parler de notre nouvelle formidable cheffe, je déborde d’enthousiasme. Je n’avais pas remarqué encore à quel point au bout de plusieurs mois à enchaîner les compétitions en solo, le réconfort d’un groupe m’avait manqué, la solidarité du pupitre et l’harmonie de la chorale, je vais enfin pouvoir jouer les prolongations après la répétition et me réveiller le lendemain matin des chants et refrains entêtants plein la tête. Pendant la partie vélo de mes triathlons, je suis assaillie d’accords et de mélodies qui m’obsèdent sur 90km sans discontinue, un peu comme les poèmes courts que Goethe composait lorsqu’il cavalait à cheval vers l’heureuse destinataire de sa folle inspiration, ces airs m’envahissent et il suffit qu’un rayon de soleil vienne sublimer le moment pour qu’un orchestre symphonique entier soit à mes trousses et me poursuive jusqu’au bout. Mon côté romantico-rhénan n’est sans doute pas pour rien dans le sacro-saint mental. Sortie de la répétition de pupitre, l’air de Libertango ne me quitte pas et tourne en boucle en particulier le final, et plus précisément encore la partie basse du final des altis, voilà. Les cinq mesures finales chantées sur une seule et même note, un la grave, concentrent en un instant l’intensité d’un après-midi en train de marcher sous le soleil avec une envie de hurler Palam Papalapila Palam à tue-tête dans la rue comme une vérité universelle. Chanter ces cinq mesures m’offre l’impression d’avoir du coffre et l’illusion que ma voix pourrait être entendue aux autre coins du monde parce que lorsque je le chante j’entends aussi les autres altis en renfort, ainsi que les autres pupitres qui entonnent leur final en crescendo jusqu’à cette même note ronde qui vient créer une harmonie parfaite. Le lendemain, mon réveil sonne Palam Papalapila Palam à 7h et je ne bronche pas pour me lever en ce dimanche matin encore très obscur et confus, le jour n’est pas levé et je me suis inscrite sur un petit parcours, le trail du soldat de la Marne, malgré la récupération que je dois respecter, simplement pour profiter d’une météo très clémente, aucun enjeu sur cette course sinon le plaisir de me retrouver à nouveau dans un groupe. Nous nous retrouvons avec les trois autres coureurs de mon club en gare de Meaux, dont je découvre enfin la cathédrale et le tracé au bout de 25mn de trajet dans une belle brume. Notre départ est donné à 11h par Jean-François Coppé en casquette et en grande forme, le parcours présente quelques côtes et de gros cailloux qui me font trébucher plusieurs fois mais je repars d’aussi belle et au bout d’un soupir, ma montre annonce déjà les cinq premiers kilomètres, Nadège me rattrape et me double, je ne la perds de vue qu’à deux kilomètres d’une arrivée très animée et joyeuse, Palam Papalapila Palam, ça c’est fait !

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