Il y a eu un matin, ce réveil si serein une fois, et tous les matins qui ont suivi après. D’autres matins moins sereins, un peu déteints, comme les feuilles qui tombent d’un coup de l’arbre, balayant au passage le souvenir des couleurs si vives et captivantes, autrement plus vivantes, de la première feuille apparue sur l’arbre aux premières lueurs du jour, la première fois.

Il y a eu un automne, et les pages sont tombées pour mieux s’éparpiller aux quatre coins de la toile. Maintenant c’est l’hiver, et je me suis remise à courir dans l’interminable silence, doucement j’ai repris le rythme. Et ce matin, j’ai entendu un oiseau chanter, comme pour mieux me rappeler que pendant presque deux saisons entières, il n’avait plus chanté. Bientôt, ce sera le printemps.

La fracture, toutes les fractures ne seront plus qu’un lointain souvenir et je retournerai traquer le premier rayon de soleil le matin comme j’avais l’habitude de le faire avant d’avoir la mauvaise idée – une fois, la seule fois,  mais la seule et unique fois de trop -, d’aller courir le soir, tendue comme un arc par ma journée de travail. Ce jour-là, un mardi, je me suis blessée. A trois jours seulement du printemps.

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