j’habite un ciel de mille silences et de secrets
que seul le sommeil sait dévoiler au rêveur
vous le voyez planer le jour il danse
s’arrête
à l’affut d’un nuage à l’approche celui-là
très particulier car il ne ressemble à rien
de vous à moi c’est un nuage comme tous les autres
sauf qu’en face de lui le nuage s’arrête aussi
et là je m’arrête mais c’est vous et moi qu’il nargue
le rêveur est pris au sérieux oui pourquoi
et pourquoi me posez-vous la question
je rêve
les rêves n’ont jamais abandonné le rêveur
qui croit dans la magie du nuage 
il dit bleu
et le ciel s’adoucit la vie devient facile
les autres dociles et lui-même presque acceptable 
vous n’y croyez pas vous ne croyez pas en moi
qui vois ce nuage s’approcher si près de vous
je ne comprends pas que vous ne compreniez pas 
ce que je comprends avec autant d’évidence
qu’un nuage
qui s’arrête un jour pour vous le dire
le silence qui renverse ce qui a été dit
car certains mots accèdent d’un coup à l’émotion
d’un mouvement vivant vers ta bretelle rebelle
puisse ce nuage vous donner accès à mon ciel
de silences de secrets dont vous avez la clé

Photo : Bert Stern, « Niki de Saint-Phalle parmi ses sculptures”, 1968.

Une réflexion sur “Poèmes au basilic et à l’oreiller #3

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