A quoi tient ma féminité ? C’est vraiment à se couper les cheveux en quatre pour y répondre. Tant que j’ai de quoi défriser la chronique ou surtout pas et rassurer la galanterie, tout va bien. J’aurais dû rassurer sur ma féminité et je ne l’ai pas fait, je n’ai pas cru nécessaire de la faire et je crois ressentir de moins en moins le besoin de le faire, pour autant je me rassure aussi. Sinon pourquoi avoir commandé des nouvelles chaussures et un pantalon plus près du corps, commandé un nouvel attirail de maquillage, moi qui avait oublié jusqu’au mot « mascara » que j’ai dû au préalable aller récupérer à l’aide d’une périphrase dans un moteur de recherche. J’ai même déterré la boîte à bijoux cachée depuis des années dans un placard inaccessible et ce sont des dizaines de pendentifs qui m’ont été offerts à nouveau lors de cette découverte, jamais je n’aurais cru être aussi gâtée en une seule soirée sans avoir lancé aucune invitation, sinon justement celle d’une démarche inédite, mais laquelle, créer un nouveau mieux-être ? S’agit-il réellement de féminité ou de personnalité, dans ce cas à quoi tient ma personnalité ? Les cheveux tondus chez une femme attirent le regard mais pas pour les mêmes raisons que pour un homme, pas pour admirer les traits du visage distincts ou bien la mâchoire qui ressort, au contraire la première réaction sera la surprise, pour ne pas dire l’étonnement et la crainte, parce que la chevelure est un attribut féminin des plus visibles, on prend soin de sa chevelure, on vient aussi remettre en place une mèche par coquetterie au beau milieu d’une conversation. Alors un crâne rasé, à côté. Et pourtant la beauté d’un crâne, et celle des traits du visage qui ressortent d’autant mieux, comme le regard mis en évidence et qui dit oui, j’ai choisi de raser. Je regarde des photos de femmes les cheveux ultra courts, maquillées, je les trouve sublimes, plus belles que si la coupe était moins courte, plus standard, peut-être moins singulière ? Personnellement, je me reconnais dans le visage que je vois, les traits émaciés mis en valeur par une coupe de buddha car je m’identifie à cette personnalité dure au crâne de poussin, comme un mélange de pudeur derrière un puissant élan vers tous ceux qui me transportent. J’essaie donc les Doc Martens serties de roses, de roses ? Oui, de roses. J’essaie un nouveau moi sertie de roses, et pourquoi pas. J’enfile un accessoire, puis un autre, ce n’est pas ridicule, voire j’y trouve du plaisir, pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt d’ailleurs, cela fait des années maintenant que je marche en baskets et que je prends le premier pull en haut de la pile. Enfin, je m’essaie au maquillage, ce n’est pas comme si je ne m’étais pas maquillée de la vie, simplement c’était dans une autre vie alors j’en mets plein partout en clignant de l’œil, bravo. Je m’y reprends à plusieurs fois, j’y reviens encore et encore, j’en enlève et j’en remets une couche, un peu comme lorsque je rédige un texte et que je corrige en avançant prudemment, en me reculant face au miroir je constate le résultat, cela ne me déplaît pas, ah ça change oui. C’est toujours moi, avec ce petit plus qui me plaît et qui chercherait à plaire sans trop en faire.

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