Le cortège est parti du Sud de la ville pour remonter vers la vieille ville sous un soleil éclatant. Nous nous posons ensuite en terrasse à la brasserie Gaffel, l’autre référence locale de la Kölsch, les manifestants arrivent progressivement et se posent autour de nous pour trinquer et profiter. Notre voisine d’en face nous propose de nos prendre en photo, mes selfies devant nos verres de bière n’ont rien donné de prometteur, nous posons docilement et le soleil s’occupe du reste, notre portrait est réussi, j’ai enfin de quoi remplir d’un souvenir le petit cadre qu’elle m’a offert. Le temps est splendide, je n’aurais jamais pu espérer mieux en pays teuton au sortir de l’hiver, je n’aurais pas cru qu’on puisse prendre un coup de soleil à Köln, comme un coup de Je t’aime et j’aime la regarder en train de prendre des couleurs pour lesquelles il me faudrait d’autres latitudes avant de rosir ne serait-ce que des joues, elle s’empourpre et je trouve cela charmant. Nous traversons le Rhin et le coucher du soleil nous accueille de l’autre côté avec la vue sur le Dom et sur Gross Sankt Martin, adossé à notre hôtel et dont nous pouvons entendre le carillon. Lorsque nous pénétrons enfin dans le Dom le lendemain à 10h, nous sommes les premières et la cathédrale semble avoir été réservée pour nous, je me souviens de ma première visite lorsque je devais avoir 10 ans, j’étais ressortie une première fois parce que l’immensité à l’intérieur m’avait surprise, terrassée même, et puis j’étais entrée à nouveau en marchant les yeux levés devant tant de magnificence, l’effet se produit à nouveau à chaque fois, non pas que la présence des reliques des trois rois mages m’intimide, c’est l’élégance et la luminosité de ce lieu sacré. J’attendais de l’emmener au musée Ludwig, mon musée préféré et il est aussi vide que le Dom. Picasso et ses contemporains nous présentent des œuvres majeures de long en large sur plusieurs étages, j’ai beau connaître ce musée, chaque fois je suis surprise à nouveau par l’importance des œuvres et je fais de nouveaux liens, pour les besoins d’un concours j’ai relu Nadja, Breton et les surréalistes étaient présents et j’ai pu mettre en contexte ce que j’avais écrit autour de la lumière, tout me parlait et j’aurais pu rester des heures à la savoir à côté, dans ce lieu culturel. Nous déjeunons chez Früh, le principe dans cette brasserie parmi les plus traditionnelles de Köln, c’est que les serveurs habillés de manière traditionnelle, déambulent avec des couronnes qui peuvent contenir au moins six verres de Kölsh, des verres de 20cl parce que la bière ne peut pas devenir tiède et rester bonne, chaque fois qu’un verre est vide le serveur en ramène un autre. Je me régale de toutes mes salades, jamais un café parisien ne me proposera cet assaisonnement typiquement allemand au yaourt et aux herbes, je me retrouve des années en arrière avec ma cousine lorsque nous courions les églises romaines et les musées, puis un peu plus récemment avec ma mère à l’occasion de l’enterrement de ma grand-mère, nous avions déjeuné en terrasse.

Une réflexion sur “Nadège Night and Day #47

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