Première course à jeun en ce lundi de reprise, à six mois jour pour jour de mon objectif des Sables d’Olonne, ce Half Ironman que j’ai reporté d’un an à cause de la pandémie et du manque de préparation consécutif, si seulement il a lieu alors j’aurais tout gagné. La réouverture des piscines n’est pas à l’ordre du jour, j’aimerais y croire pour janvier, je n’ai pu étrenner mon nouveau maillot de bain qu’une fois lors d’un 2km en novembre. Depuis, mon bassin s’est remis en place et j’ai récupéré activement en marchant puis en revenant doucement et par paliers progressifs la course à pied jusqu’à aligner un nombre de kilomètres consécutifs sur un rythme constant sans plus ressentir ni gêne ni douleur. J’étais tellement surprise moi-même de cette progression hier que j’avais l’impression en bouclant mon circuit par le marché très animé du boulevard Ornano à midi que les commerçants et le public s’agitaient pour m’encourager jusqu’au bout de mon effort alors que je progressais sur la piste cyclable aménagée comme par un fait exprès pour me laisser l’espace nécessaire pour franchir la ligne d’arrivée parmi l’effervescence ici. J’étrenne ma nouvelle tenue de cycliste du club en faisant le tour du monde chez moi. Sans doute le travail sur le home-trainer n’y est pas pour rien dans le maintien du cardio, je n’ai certes pas pris de couleurs mais j’ai parcouru de très jolis tracés virtuels en Suisse. Accrochés fermement aux pédales de mon vélo, je m’envole telle Aladin sur son tapis vers des contrés imaginaires traversées par d’autres cyclistes que moi et qui me font autant suer que rêver, je n’ai d’ailleurs jamais autant transpiré sans bouger d’un mètre. En guise de récupération, je me fais adopter par plusieurs familles de Rio de Janeiro en proie à des règlements de compte que seul un soap opéra tel que cette telenovela typiquement brésilienne est capable d’inventer autour de trois femmes indépendantes, un travesti, une accro aux jeux, un jeune transgenre en proie aux doutes sur son identité, rien que ça pour me sortir de la grisaille et m’emporter vers les tourbillons de la passion. Le lendemain midi, j’en suis encore à démêler les ultimes rebondissements d l’intrigue qui, d’une trahison jusqu’au prochain rapprochement impensable en passant par l’explosion de désirs refoulés, noue et dénoue les liens entre les personnages de la saga, quand un coureur emmitouflé dans un bonnet et des gants croise mon propre parcours, il démarre sa montée tandis que je finis ma descente et il lève le pouce en me souriant. Son encouragement me ramène à ma foulée dont j’avais perdu le fil, j’en suis au septième kilomètre, mon rythme est constant et je crois même avoir pris de la vitesse, en effet je constate que je suis enfin passée à nouveau sous les 5mn/km au dernier virage. Je ne ressens plus de tension, au contraire une joie immense vient me submerger comme si la plage de Rio s’ouvrait à moi sous un grand soleil. L’hiver sera beau ou ne sera pas.

2 réflexions sur “Clignancourt #28

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