Dernier jour des vacances, je finis ma troisième série avec trente minutes de musculation, je retourne sur le tapis de course pour monter sous les quatre minutes au kilomètre, j’ai le vertige lorsque le tapis s’arrête et qu’il faut poser un pied sur le plancher des vaches, j’ai couru 13’33. Je vais m’allonger dans le bassin d’hiver et je m’endors, je suis surprise de me trouver au bord d’une piscine en me réveillant ici plutôt que dans mon lit, il s’est écoulé quelques minutes. Pour conclure, je me laisse glisser dans la ligne devant moi et je nage mille mètres tranquillement. J’ai déjà hâte d’être à ce soir pour retrouver Nath dans notre jap traditionnel et la lui présenter. C’était hier aussi la dernière diffusion de la saison 16 de l’Amour est dans le Pré, pas de hasard, j’y ai participé et je me souviens avoir dit à plusieurs reprises à Delphine que cette expérience m’avait donné envie au seuil du printemps de renouer avec le rapport de séduction, plaire à nouveau et me savoir choisie, sentir à nouveau les papillons frétiller, mon cœur battre plus fort, construire une cathédrale d’émotions sur la base d’échanges infinis et d’une complicité fluide. J’ai adoré regarder l’émission tous les lundis soirs, j’avais une certaine tendresse pour cet agriculteur qui a vécu sa première histoire d’amour et son premier rapport sexuel à 43 ans, je me rends compte que je ne me suis moi encore jamais réveillée le matin de Noël avec quelqu’un. Quand elle m’a proposé, suite au premier trail de jour, mon seul l’année, d’en courir un la nuit, en me proposant le gite et le couvert au passage, je me souviens qu’une petite voix en moi m’avait dit pourvu qu’elle te saute dessus, alors que rien du tout ne laissait présager de rien d’autre qu’une course dans la boue, le froid, frontale à l’appui et bonnet pour parfaire le ridicule. Pourtant, et sans en avoir pris conscience moi-même, j’avais un besoin de complicité et d’échanges depuis des semaines, des mois et des confinements entiers, cela devait se sentir tant j’ai adoré croiser à nouveau les gens du club et de la chorale, ne plus avancer seule trop vite parce qu’ensemble on va plus loin, en embrassant de nouveaux horizons, en se projetant là-bas tout en profitant à chaque instant de l’ici et maintenant, j’en découvre la saveur spéciale à deux. J’aimerais trouver la formule magique du bonheur pour la partager au plus grand nombre, sans penser forcément que c’est à l’instant où l’on y croit plus, en dépit de tout espoir littéralement, au moment d’abandonner parce qu’à force de s’être acharné en dépit de tout bon sens, presque par désespoir, alors justement qu’il n’y a plus rien à vivre que tout arrive, mais c’est bien ainsi. Et cela n’arrive pas en raison d’une léthargie avérée, rien à voir non plus, absolument pas, mais parce qu’en ayant tout essayé et fourni les efforts jusqu’au-delà de la limite qu’on se connaissait, depuis une patience surhumaine jusqu’à un sens inédit de la compréhension par empathie, en passant par des accès de folie et de colère, quelques pointes d’humour et des abimes de perplexité, une intention s’est manifestée et le plus naturellement du monde elle s’est réalisée. Je ne suis pas devenue championne olympique de marathon et je ne le serai jamais, je m’efforce chaque jour d’être à la hauteur de ce podium de sentiments et de confiance qu’est l’amour.

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