J’ai nagé 45mn et terminé les 91km de parcours de vélo en 3h13 lorsque j’arrive au parc pour la dernière transition, beaucoup plus efficace, il ne pleut plus et je me sens bien. La course à pied démarre une ligne droite qui nous ramène à la plage depuis l’autre extrémité de la rade du Vendée Globe, je ne pense plus qu’à la ligne d’arrivée en observant la foulée des autres coureurs et le nom des différents clubs sur les trifonctions. Les 300m de course sur le sable avant de rejoindre le remblai me paraissent longs, comme les autres je peine à trouver mes appuis mais j’entends plus haut l’ambiance sur la ligne d’arrivée, quelques marches plus tard je cours parmi un public venu nombreux. Trois boucles sur le remblai et plusieurs ravitaillements pour arriver à bout de ce semi. Le parcours me rappelle le 10km sur la Promenade des Anglais à Nice, j’entends la mer qui nous encourage avec plus de véhémence encore que les spectateurs, le vent souffle. Je parviens à courir la moitié du parcours avec une moyenne de 5’13, quand ma montre s’éteint et je me retrouve seule au pire moment, elle aura quand même tenu plus longtemps que prévu et je me poserai la question plus tard de savoir pourquoi j’ai oublié ce fichu chargeur chez moi, l’un des accessoires les plus indispensables à ma course. Mon rythme faiblit et je passe davantage de temps sur les ravitaillements, les bénévoles sont adorables et me soutiennent à chaque passage, je bois plusieurs verres et je repars. Arrivée sur la dernière boucle, je retrouve ce syndrome de la démotivation qui me déplait tant chez moi, comme au 7e kilomètre sur un 10K et qu’il faut enfin tout donner, quitte à le payer un peu plus au moment de la récupération, je laisse les autres y aller. J’entends même deux coureurs du même club qui échangent sur la possibilité de finir l’épreuve sous les six heures au moment de les dépasser, pourquoi ne pas les suivre ? Les spectateurs sont plutôt rares à l’autre bout du remblai et le vent souffle de face, seulement il me faut y retourner pour finir cette course au mieux avant que les douleurs ne soient présentes, alors lorsque je repars dans le sens de la ligne d’arrivée en me disant que je passe pour la dernière fois devant telle devanture et tel ravitaillement, je ne m’arrête plus, je profite de l’enthousiasme du public sur la dernière ligne droite en souriant tout en me disant que si j’avais poursuivi sur mon rythme je ne sourirai pas. J’arrive sur le tapis rouge en hurlant ma joie, je l’ai fait, cette fois c’est fini, enfin ! Enfin. J’ai beau avoir paniqué sur une partie de la nage, espéré rouler plus vite sous la pluie et faibli sur la dernière partie de la course à pied, je suis à ma place sur la ligne d’arrivée, j’en ai tellement rêvé et j’ai fait une belle course, je connais à présent les points à travailler, le principal à partir d’ici est de savoir récupérer au mieux et profiter.

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