à la renverse je suis tombée face au silence
sans pouvoir me relever ni même murmurer
ton nom qui a disparu avec les saisons
et je me vois dans mon atelier m’atteler 
à la tâche de devoir t’inventer de nouveau
à partir de l’incertitude d’une aube timide

je ne fais qu’imaginer les reflets cuivrés
qui n’ont peut-être jamais existé dehors
avant toi je n’en avais pas senti en moi
ils définissent le trait de lumière dans tes yeux
que mes mains dessinent en épousant un nuage
par la fenêtre grande ouverte sur mon soupir

un arôme familier envahit la pièce et
j’ai beau regarder autour de moi je ne sens
ni plante ni présence juste un arôme familier
que je ne peux pas planter encore moins sous serre
je n’ai ni terre ni maison juste un atelier
alors je me laisse envahir et relever

Photo : Georges Braque, "Atelier", 1939.

6 réflexions sur “Poèmes au basilic et à l’oreiller #18

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