L’idée de me fermer au marathon des Jeux Olympiques de Paris est de rester concentrée sur mon objectif de progression dans les quatre années à venir sur la distance longue du triathlon. Celle de gagner malgré tout un dossard pour participer à la fête que seront ces Jeux dans la capitale devient un objectif collectif pour que le plus grand nombre de coureurs du club puisse avoir accès à ce rêve de courir le même parcours que les plus grands champions de la discipline. D’un côté donc, je retourne aux entraînements du club et je reste en contact avec les autres coureurs pour participer, à présent que c’est à nouveau possible, aux épreuves qui m’intéressent dès qu’elles se présentent, par exemple l’Ekide de Paris qui se tient le 7 novembre, un marathon couru en épique de six coureurs, je ne connais personne de mon équipe, ce qui est encore mieux, et je prends le dossard n°5, de l’autre je prends mon premier rendez-vous avec un coach fitness. J’arrive en avance, midi, j’attends le coach dans la salle de fitness qui me deviendra familière. Le temps est ensoleillé, ce qui a rendu le trajet à vélo plus qu’agréable, je mets moins d’une demi-heure et je m’installe, une fois changée, en profitant de la vue sur le bassin extérieur. Trois jours plus tôt, je suis venue profiter de la piscine en nocturne, il faisait déjà nuit et j’ai découvert le bassin éclairé de faisceaux multicolores tandis que la surface de l’eau chauffée fumait au contact de la fraîcheur, j’avais nagé un seul kilomètre mais inondée d’un bien-être fou, magique. Le coach me demande de lui raconter ma vie, ce que je fais de manière assez fluide et concise, j’ai un résumé et des objectifs tout prêts, il me propose un échauffement tout en parlant blessure et alimentations, j’ai l’impression de raconter toujours la même histoire mais de manière différente selon mon interlocuteur, dans le cas présent je sais que j’attends ses précieux conseils. La séance se déroule sur trois séries de trois exercices, chaque série est construite autour d’une machine, je fais ainsi le tour d’une salle qui ne me sera plus étrangère la prochaine fois, d’un passage sur tapis de sol, enfin d’un exercice d’altères de quatre kilos chacun, j’essaie de retenir. Lors de ma prochaine venue, il me faudra répéter la même série d’exercices dans le même ordre, je travaille les muscles du dos à travers deux exercices de traction, l’un vertical l’autre horizontal, puis l’équilibre en montant sur une sphère molle et instable, je ne m’en sors pas trop mal alors que je raconte comment récemment je suis tombée par deux fois de ma hauteur, j’enchaîne avec les altères de trois puis quatre kilos, allongée et debout, du gainage et la corde. L’intensité de la séance est progressive et je sens des muscles s’animer que je n’ai pas l’habitude de solliciter d’ordinaire, c’est à la fois réjouissant et épuisant, je suis lessivée au sixième passage de vingt secondes pourtant seulement sur la corde, mes bras sont du caoutchouc, je donne tout. Une heure plus tard, je sors de la salle avec de nouvelles sensations et une motivation à bloc, je refais toute la séance mentalement pour retenir les positions corrigées et les enchaînements l’hiver peut arriver, je suis parée pour l’affronter avec une armée de nouveaux gestes à travailler.

2 réflexions sur “Comment je ne suis pas (encore) devenue championne olympique de marathon #6

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