L’hiver perdure, c’est l’agonie frigorifique et j’en viens à compter les jours avant les vacances comme si elles signifiaient la sortie de l’engourdissement avec la reprise des sorties, en mars. J’ai parcouru 300km au mois de janvier, toutes disciplines confondues, natation vélo et course à pied, sans avoir beaucoup roulé non plus contrairement à mes camarades du club. Je dois profiter de la semaine de vacances pour trouver le vélo de compétition, pédales automatiques. Il m’est arrivé pour la première fois en nageant de ne pas voir les longueurs défiler et me retrouver déjà au bout d’un kilomètre sans m’en être rendue compte, avec facilité presque, comme si j’avais trouvé un confort de nage malgré des points de technique à améliorer. Vivement les vacances me dis-je, où j’aurai tout loisir de nager plus longtemps, travailler l’endurance et me concentrer sur la sensation de glisse. Quand je pense que je me suis inscrite au triathlon L des lacs sans savoir que la distance de natation sera de 2,7km. J’ai des doutes. Heureusement, tout cela n’adviendra qu’après cette semaine de vacances si peu vacante parce que je vais tenter d’y insérer quelques triathlons maison, qu’une de mes escapades dans les Maisons Relais & Châteaux me reposerait davantage, mais je dois rouler, apprendre à rouler. Plus la natation devient facile le midi, plus j’éprouve à nouveau de la difficulté à allonger la distance sur la course à pied, il faut croire que les vases communicants sont actif en matière de triple effort et je décide de m’en inquiéter le moins possibles. Quitte à courir une courte distance, j’en profite pour intensifier la sortie en une séance de fractionné sur un kilomètre. Je progresse sur les trois, parfois les cinq premiers kilomètres puis la fatigue me gagne, je lâche. Au sortir de l’hiver donc, et comme chaque année, je retourne à la case départ, ou quasiment. L’année dernière, à la même époque, j’enchaînais les courses et passais mon temps à l’entraînement, j’étais gonflée d’orgueil parce que je participais à une émulation collective et cela suffisait à motiver chacun de mes déplacements à l’autre bout de Paris, trouver les autres. Je ne nageais pas encore, je n’avais pas fait l’acquisition d’un vélo ni changé de vitesses ou gravi une côté sans mettre pied à terre, jamais je n’aurais envisagé le stress d’une transition lors d’un triathlon, la visualisation du moindre geste, une répétition jusqu’arriver à la fluidité. Retour à la case départ sur un 5km samedi dans le joli parc des Buttes Chaumont avec ses jolis dénivelés dans le froid qui brûle les bronches, nous avions fini la course duo l’année dernière en 23’54’’ avec une jolie deuxième place. Je n’avais pas pu reprendre mon souffle. Pas plus que je n’avais été capable de faire la moindre longueur en crawl à l’occasion de mon tout premier triathlon XS, le Super Sprint du 20e. J’avais paniqué et pris le parti de nager en brasse, voyant mes concurrents tous plus à l’aise et rapides que moi, j’en étais à trois séances de natation seulement, trois fois plus de crises de nerfs avec ma planche, je n’ai rien lâché. J’avais fini deuxième par je ne sais quel miracle de l’esprit du printemps. Et depuis, je prie.

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