Semi et marathon de Paris reportés, ce week-end en Bretagne prévu depuis le mois de janvier tombe désormais mieux que jamais pour aller s’aérer ailleurs, respirer se ressourcer vraiment. L’air est pur et iodé, le vent très enthousiaste et le temps quasiment un miracle alors que nous laissons la fainéantise hibernale recouvrir de son manteau froid les rues de Paris, c’est un joli soleil qui éclate à notre arrivée au Domaine de Rochevilaine, Billiers, Morbihan, ciel breton. Bien sûr, j’ai pris mes affaires de course à pied mais je ne les sortirais même pas du séjour. C’est à la qualité de l’air local d’œuvrer à présent, je m’en remets entièrement aux paysages et à l’environnement pour régénérer mon organisme en bonne humeur, le charger de motivation. Nous commençons notre escapade par une séance improvisée de shopping après avoir trouvé par bonheur le seul et dernier petit restaurant ouvert dans le centre-ville de Vannes un samedi après 14h, un sympathique sicilien qui nous installe à l’une des trois tables de son échoppe et interrompt son propre déjeuner pour nous préparer une calzone minute et une énorme burrata. L’air est si doux qu’il commence à évacuer la tension de la semaine, l’estomac se creuse. J’aurais pu manger une burrata chez le petit italien en face de chez moi, mais pour une raison qui m’échappe encore, le rideau est fermé depuis plusieurs jours sans notice d’absence, j’espère que la petite dame âgée va bien. J’ai eu l’idée d’aller voir Val dans sa crêperie avant de me rappeler en passant la porte sans la voir derrière le comptoir qu’elle était en vadrouille. Alors par pur dépit, j’ai failli annuler tout simplement ce week-end pour courir la course de l’égalité et me battre pour cette première place, qui m’a échappé l’année dernière, j’aurais chanté au premier concert de la saison avec la chorale pour la journée des droits des femmes. Et le dimanche, j’aurais inauguré mon nouveau vélo à l’occasion de la sortie de préparation au stage de triathlon, pour vaincre mon appréhension de la chute et du manque d’expérience. Mais je n’ai rien fait de tout cela, je n’ai pas annulé le week-end prévu depuis janvier, j’ai fini par lâcher prise, il adviendrait ce qu’il devait advenir à l’issue de ce séjour breton et pour l’instant, j’en respire l’air qui traverse mes bronches et aère mon cœur, ma tête et mon corps. Je ne distingue plus, de la valise roulante et du sac à dos, ce qui me porte de ce que je pousse, j’ai envie d’arriver quelque part où il serait possible de se poser pour de bon, sans transition. Fini la précipitation qui me caractérise, le besoin d’aller toujours plus vite et plus loin, d’ores et déjà je le sais, mes affaires de course à pied resteront dans mes bagages le temps de laisser filer le chrono sans intention aucune de l’arrêter, pour qu’il s’abîme dans une suspension en plein vol, une acmé qui pourrait se prolonger jusqu’au spectacle d’un coucher de soleil infini.

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