J+7. Retour à l’entraînement bois de Vincennes et sur la ligne de départ d’une course dans la foulée, le lendemain au même endroit, rendez-vous donné par zéro degré, degré zéro. Partir tenir et arriver. Le départ dure à lui seul une éternité, les derniers coureurs encore occupés aux consignes sont attendus et nous cherchons le soleil pour nous réchauffer un peu, la chanteuse Imany doit donner le départ, nous courons tous ensemble contre l’endométriose. Je n’ai pas pris de petit-déjeuner, pourquoi n’ai-je pas pris de petit-déjeuner, peut-être parce que j’ai partagé ce délicieux fondant au chocolat fait Maison, nous avons décrété qu’il était fait Maison pour parfaire la dégustation, c’est le fait de partager ce dessert qui le rendait divin. Forcément, je ne pouvais pas me dire qu’elle allait encore me porter chance pour ma course le lendemain de ce nouveau tête-à-tête, comme pour le 20km de Paris sauf que je me suis bien gardée de lui offrir le t-shirt cette fois, qui était bien moins joli, mais la cause l’emporte ici sur tout autre enjeu, je n’ai plus à me qualifier, il n’y a pas d’autre longue distance que la relation. J’ai envie de prendre tout mon temps, pour une fois que je ne précipite rien avec quelqu’un. Par contre il aurait fallut que j’explose davantage au moment de m’élancer, je suis partie parmi les premiers coureurs mais je me fais vite doubler en réglant mon chronomètre, quelle idée insensée de ne plus courir à la sensation, promis la prochaine course je viens sans rien. Le soleil est présent sur tout le parcours qui déroule agréablement sans que je n’accélère ni ne songe non plus à m’arrêter, je me laisse porter par la direction à suivre et bientôt la deuxième boucle est entamée, j’ai doublé plusieurs coureurs partis trop vite pour une distance sur laquelle il faut trouver ce rythme particulier sans s’économiser au départ puisque l’arrivée est finalement très proche, sans partir non plus sur un sprint sauf à être capable comme le premier arrivé à garder une foulée plus que soutenue et avancer presque en apnée jusqu’à la ligne. Mon estomac vide se rappelle à moi au septième kilomètre, promis la prochaine course non seulement je viens sans chronomètre mais surtout, je prends le départ le ventre plein, bien sûr. Le lieu d’arrivée est charmant, un ancien vélodrome avec des bâtiments en terre et en bois, l’arrivée se fait sur la piste ce qui rend l’ultime moment très intense sauf que j’ai les jambes coupées, je sais qu’une fille veut me rattraper, que j’ai doublée, je franchis la ligne avant elle. Quel bonheur d’avoir franchi cette ligne d’arrivée, quelle satisfaction d’avoir couru la distance sans m’arrêter, je me réjouis de ces simples faits, basiques sans doute mais fragiles. Et quel soulagement aussi d’avoir parlé la veille à l’entraînement de la difficulté à renoncer avec le coach, j’ai enfin pu dire ma déception profonde de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout du marathon d’Athènes, du temps qu’il m’avait fallu pour réaliser que ce n’était pas raisonnable pour moi de courir deux marathons à trois mois d’intervalle, du temps qu’il m’avait fallu aussi pour transformer cette défaite en leçon d’humilité. Renoncer pour avancer.

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