Soirée vernissage rue de Seine à l’hôtel La Louisiane avant la prochaine séance fractionné long. J’ai passé dix ans à travailler dans une start-up hébergée dans cet hôtel au cœur de Saint-Germain-des-Prés et je reviens avec plaisir presque dix ans plus tard sur ces lieux très chargés. L’invitation m’est parvenue le jour-même, la décision s’est prise toute seule puisque je me retrouve le soir devant l’immense panneau de néon, que le tout-Paris est venu prendre en photo, il y a du beau monde dehors, en train de siroter un verre, je ne vois pas encore Xavier, le patron. C’est une madeleine entière qui fond délicieusement contre mon palais lorsque je pénètre le petit hall de l’hôtel, décoré pour l’occasion, tout a été un peu déplacé mais rien n’a changé, j’emprunte le même escalier au tapis raboté pour accéder aux couloirs étroits des étages, une vingtaine de chambres ont été aménagées par les artistes, le reste de l’hôtel est occupé, je ne peux pas m’empêcher d’accéder à la cafétéria ainsi qu’à la porte qui donnait accès aux combles. Les invités se pressent dans les couloirs et s’entassent dans les chambres exposées, c’est l’explosion événementielle, je gagne les étages supérieurs grâce aux escaliers de sortie dans lesquels nous avions l’habitude de nous retrouver entre collègues, j’en reconnais chaque recoin. Je ne reconnais pas une odeur familière comme je l’aurais cru, mais plutôt le bruit de mes pas à certains endroits, au moment de prendre le virage vers un couloir encore plus étroit qu’ailleurs et qu’il me fallait signaler ma présence pour ne pas percuter malencontreusement un groom, c’est un bruit si familier que je crois voir surgir des fantômes au détour de chaque nouveau pas. Je n’ai toujours pas croisé Xavier en sortant de l’hôtel, je finis de siroter mon verre de vin blanc quand d’un coup il surgit et tous les convives autour de moi le saluent par son nom dans un même élan d’hystérie joyeuse, si bien que je ne m’aperçois même qu’il m’a vue et me fonce dessus pour me serrer dans les bras, « tu es venue, tu es enfin venue ! », ça pour une surprise, l’enthousiasme du roi de la soirée est communicatif et je lui donne mes impressions à vif. L’instant d’après, je me vois présentée à sa compagne Charlotte, à qui il a parlé de notre chorale pour qu’elle vienne chanter avec nous, Les Gamme’elles, tandis que mon voisin de gauche, qui a assisté à toute la scène, s’amuse de ce nom et m’encourage à contacter Les Trois Mailletz, jamais je n’ai encore entendu parler de cette scène dont il me vante le côté très underground. Rentrée chez moi, je m’endors tout de suite, je ne vois pas son message qui parle de fractionné. Fractionné long donc. Je lui réponds au réveil que je doute de ma puissance, de mon endurance, et en effet la séance est un calvaire car autant le premier bloc est facilement avalé, dans le prolongement de l’échauffement, autant je commence à peiner au milieu du deuxième, quant au troisième je doute carrément de parvenir à achever les 2000m sans perdre en vitesse, en tout. Je me console très vite en avalant ma potion magique au gingembre et en me projetant à ce soir.

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