J-70. Le marathon d’Athènes, le marathon historique, celui qui a donné son nom à la course la plus emblématique chez les coureurs, son tracé est resté le même depuis les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, avec un départ depuis la ville de Marathon et un dénivelé plus important que sur n’importe quel autre marathon dans le monde, enfin une arrivée au stade panathénaïque, le stade des premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne en l’an 1896. Avant même que je ne me sois inscrite au marathon historique d’Athènes, je n’avais pas même encore rencontré les Front Runners, mon billet d’avion avait déjà été pris pour mes vacances sur l’île de Tinos, en passant cette fois-ci non pas par Mykonos mais par l’aéroport d’Athènes et le port de Rafina, avec une nuit d’hôtel sur place pour partir par le premier ferry. A ma grande surprise, il n’y eu pas de ferry le lendemain, pas de premier ni de suivant, pas plus que la veille où une grève générale avait démarré, historique elle aussi, la Grèce en grève. Elle n’était d’ailleurs pas seule à faire grève, la Grèce, mon corps avait lui décidé de ne plus vouloir courir, rien d’étonnant à quelques semaines du dernier marathon, mais tout de même. Cinq jours après le marathon des Gay Games, j’ai rejoins les Front Runners au stade Mimoun pour une séance de fractionné, une séance au cours de laquelle je n’ai pas tenté une seule fois d’accélérer, gardant un rythme tranquille sur plusieurs tours pour sentir les bienfaits d’une récupération active, en moi je sentais les fluides circuler, mes muscles se dégourdir, se délecter à l’idée d’une période bien méritée de repos avant de préparer le prochain marathon. Devant moi, les autres coureurs accéléraient au signal du sifflet et je les regardais se démener, derrière moi la coach me demandait à chaque tour comment je me sentais et je lui souriais. Rien d’inquiétant donc à voir les autres qui me doublent, pour ma part je m’active à récupérer. Je prends sur moi pour me reposer au point d’attendre dix jours pour retourner au bois de Boulogne, une séance de préparation physique générale était prévue, rien de tel qu’un peu de saut à la corde pour retrouver quelques sensations, mais le coach n’est pas au rendez-vous et je me retrouve à reprendre la course avec les autres pour une distance certes courte, neuf kilomètres, mais qui ne me laisse aucune occasion d’accélérer, je reste au petit trot jusqu’à la fin en cherchant mon souffle, je ne retrouve aucune sensation sinon celle d’une grosse fatigue. J’ai quand même enchaîné sur l’entraînement en côtes prévu aux Buttes Chaumont, la première séance de préparation pour le marathon d’Athènes et les coureurs sont nombreux, très nombreux au moment du cercle d’accueil, au moment de partir pour l’échauffement, je me rends compte que je suis la seule fille parmi la dizaine de gars, je n’en fais pas une excuse non plus pour en faire moins, le travail est dur, je peine plus que jamais mais je ne lâche rien. Il pleut des courbatures le lendemain de cette première séance, le ciel se couvre d’inquiétude dans mon esprit, le marathon approche tel un ouragan et je n’ai pas la carrure pour l’affronter.

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