Jamais je ne me serais levée aussi facilement à 6h du matin plutôt qu’une heure après si je n’avais pas en tête de lui envoyer un message, une fois douchée et à vélo, qu’elle lirait au réveil, non pas que je n’aurais pas changé l’heure de mon réveil pour profiter de l’ouverture de la piscine et de la salle de sport à 7h, le temps du trajet bien emmitouflée à l’autre bout de Paris, simplement le fait d’avoir ce micro-délai d’une demi-heure pour me préparer avant de la cueillir au saut du lit m’a rendu la chose presque excitante lorsque je me focalise sur le message à écrire. Le jour n’est toujours pas levé lorsque j’arrive à la piscine, les jours raccourcissent avec excès, il n’y a pas plus de lumière lorsque je sors de la salle de sport après cinq kilomètres de course, et je ne vois toujours pas la différence lorsque je nage à l’extérieur, le bassin est éclairé comme le soir lorsque la nuit est tombée, j’ai hâte de lire son message sans savoir quelle heure il est. Une fois que l’entrainement est terminé, il ne me reste plus qu’à rouler les 10km de retour pour achever mon deuxième triathlon maison de la semaine, enfin je remarque la lumière du jour depuis la terrasse où je bois mon thé brûlant en consultant mes messages, je souris de plaisir. C’est toujours le même mélange d’excitation furibonde et de profonde détente qui me saisit lorsque je lis ses lignes, un peu comme lorsque je me relis parce que je crois avoir été sincère, son enthousiasme est le mien, sa joie m’est plus que familière, elle a compris entre mes lignes, je me retrouve dans ses bras chaque fois qu’elle vise juste, le fait est qu’elle vise toujours juste, est-ce qu’avec le temps, après s’être fui, on cherche plutôt à se retrouver soi-même en l’autre ? Cette sensation de détente m’inspire tout naturellement confiance, un sentiment dont je pensais qu’il était cérébral avant tout, fondé sur des arguments et autres prétextes rafistolés de partout. Et ce sentiment de confiance me remplit de fierté et de satisfaction, comme si tout m’était offert. Je me confie sur mes doutes comme s’ils étaient les siens, je doute de tout, elle en prend soin, je lui réponds lorsqu’elle ne dort pas à l’heure où la nuit ne veut toujours pas faire place au jour et que la lumière est encore trop loin pour que son espoir nous sorte enfin des zones troubles.  La certitude de n’être plus seule dans la nuit et d’être aussi fortes à deux au grand jour me porte et me conforte beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé après une année où j’ai tout lâché, j’apprécie la personne que je suis avec elle comme je ne m’étais encore jamais apprécié avant, serait-ce là l’autre secret pour que la relation reste aussi simple qu’au premier jour et durable ? Plus le temps de me poser la question, elle m’entraîne depuis la gare où elle est venue me chercher vers le petit vaccibus qui trône sur la place, juste à côté d’une ridicule manifestation contre le pass ou la vaccination, ils vont même jusqu’à entonner la Marseillaise et c’est affreux, l’instant d’après nous sommes vaccinées, prêtes à partir n’importe où sauf que les frontières se ferment partout, on se contentera du village voisin et de sa forêt boueuse à souhait pour courir.

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