Quel contraste avec Nice que ce matin du 20 janvier à rejoindre le fin fond du lointain 14e arrondissement pour s’aligner sur le départ d’un nouveau 10km par un froid horrible. L’ambiance est aux retrouvailles pour les coureurs dont c’est le premier départ de l’année, personnellement je ne peux m’empêcher de penser au soleil de la Côte d’Azur et à la tranquillité ressentie au moment de rejoindre mon sas, je me sentais entourée et très heureuse. Rien à voir avec ce matin à Paris où les températures sont négatives et le réveil difficile, je n’ai aucune envie d’aller courir, le trajet dans les transports est interminable, il fait froid et je suis seule, l’unique abrutie capable de renoncer à une grasse matinée pour affronter deux boucles dont je ne sais pas encore qu’elles comportent plus de dénivelé que la corrida d’Issy. Pour la première fois, je n’ai aucun plaisir à retrouver le groupe, faire la photo ensemble, il fait toujours plus froid et le départ semble loin, je ne parviens pas à m’échauffer, tétanisée. Tout ce que je sais, et c’est sans doute la motivation qui m’a poussée hors du lit et qui m’entraînera jusqu’à la ligne alors que je n’aurais de cesse à partir du 5e kilomètre de vouloir abandonner la course, c’est que mon marathonien préféré sera sur la ligne d’arrivée et avec lui le soulagement d’en avoir fini avec cette galère givrée dans laquelle je me suis mise seule. Le départ est donné avec quasiment dix minutes de retard, le premier virage se dessine à trois mètres déjà, en épingle et nous ouvrant la voie vers la première montée sur Montparnasse. Je ne suis pas dans la course, je me demande ce que je fais là, toujours aucune envie de courir. Pour autant, cela reste le meilleur moyen de me réchauffer en attendant la douche et le repos. La première boucle est rapidement derrière moi et je m’imagine être dans le peloton de tête encore car il est inenvisageable de m’arrêter tant que je suis portée par plus courageux que moi, pour autant je me sens lente et lasse, je rêve d’un accident qui me laisse sur le carreau. Les dénivelés de la seconde boucle me paraissent d’autant plus ingérables que je les ai déjà éprouvés, je sais à quoi m’attendre et c’est pire encore, plus rien ne parvient à me tracter. Tout le monde me dépasse, j’ai l’impression de courir depuis une heure déjà, les gens sont présents sur les côtés qui encouragent comme si j’étais encore dans la course avec un enjeu à la clé. Bientôt le 7e kilomètre s’affiche sur le pavé et je pense aux autres, au sacro-saint groupe auquel j’appartiens, et à leur perplexité si j’abandonnais maintenant, ce serait considéré autrement plus lâche qu’un simple mauvais temps. Je continue, je ne sais pas comment, sinon que mon souffle est plus court, ma respiration plus difficile, je ne râle pas mais tout comme. Le 8e kilomètre annonce bientôt le 9e et la dernière montée aux abords du cimetière, je me répète cette chose absurde mais qui a le mérite de fonctionner, je n’ai jamais été si près de la ligne d’arrivée. Le 9e kilomètre me surprend au moment où je commence à trouver une foulée qui m’épuise moins, sans doute ai-je terriblement ralenti. 45’49 à l’arrivée, enfin je souris.

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