derrière le rideau du temps les fruits parfois meurent 
d’impatience indifférents à nos appétits
d’enfant quand tout est simple
qu’il suffit de cueillir
toutes ces premières fois qui s’offrent sans qu’on ne sache
la chance que c’est de ne rien savoir l’innocence
d’un amour sans souffrance
l’évidence dans la main
je connais le goût de la pomme qui tombe de l’arbre
si et seulement si moi aussi vers le bas 
je me sens attirée
c’est pour mieux m’envoler
car l’attirance diminue avec la distance
à mesure qu’on s’allège de la charge fruitière
seule la lune reste sage
pas assez mûre peut-être
la chute estivale à laquelle j’ai succombé
tout son sucre a été savamment distillé 
mon sommeil est de plomb
ma vitesse celle d’une plume

Photo : Paul Cézanne, "Nature morte au rideau", 1899-1905.
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