Trouver Longchamp. Longchamp m’échappe. L’hippodrome tourne autour de moi et ma vie semble tourner autour de ce lieu perdu derrière le bois de Boulogne que je fuis. C’est pourtant la bonne direction, toujours la même et qui me suit, ma direction Etoile. Au lieu de prendre vers les quais pour mes désormais traditionnelles balades au bord du canal pour atteindre le parc de la Poudrière avant d’arriver à Romainville dans un sens ou de rejoindre la gare de Saint-Denis par la plus petite boucle qui me ramène chez moi, je pars vers la porte Clichy, tout va encore très bien, puis je passe la porte Champerret et là je ne suis pas certaine de prendre la bonne voie pour atteindre enfin la porte Maillot. C’est ainsi que je me retrouve un dimanche après-midi en train de rouler dans un Neuilly-sur-Seine désert et sans autre issue possible qu’une piste cyclable qui me ramène à Paris sans que je ne puisse goûter au plaisir des sous-bois de Boulogne, Longchamp me fuit ou l’hippodrome a disparu, à moins que je ne me sente pas prête, alors je prends la tangente et je trace une boucle de 30km qui me mène jusqu’au Kiez, pile devant et sans triche aucune, ce qui me réconcilie de suite avec cet itinéraire avorté mais me laisse un goût de retournes-y comme lors des séances piscine bien trop courtes. C’est pourtant simple, il suffit d’aller tout droit, pourtant en allant tout droit je me perds, je ne sais pas ce qui l’emporte de ma méconnaissance de ce trajet ou de ma réticence. Une fois là-bas, je m’imagine ne pas pouvoir suivre le rythme et ne pas trouver le mien. Puis un jeudi soir, pas n’importe lequel puisque le lendemain je serai à un mois avant l’échéance de mon épreuve tant repoussée, je sors à nouveau mon vélo de route et j’arrive à Longchamp directement depuis une allée éponyme, la porte de Maillot reste l’épreuve ultime une fois que j’ai passée celle de Champerret mais ça passera un jour. Depuis l’allée, l’hippodrome se dégage en contre-bas comme une immense arène antique et je retiens mon souffle alors que mes jambes pilonnent à qui mieux mieux, c’est une petite victoire que ce spectacle qui s’offre à moi alors que je vois les pelotons. Bien sûr je roule en vélo de route et je ne me sens pas légitime sur le circuit mais le plaisir d’avoir vaincu mon appréhension est immense et la satisfaction de cette boucle de 40km me laisse confiante, j’envisage d’y retourner dès le lendemain en mode course. Bien sûr le lendemain il pleut à verse ou il menace de pleuvoir ou encore je crois cela. Samedi matin, plus aucune excuse, la porte Maillot sera plus déserte que jamais d’ailleurs je suis un autre cycliste, on est plusieurs à converger vers la même arène, aucune difficulté ne vient entraver ma course et le plaisir de lâcher mon vélo de course au-dessus des 40km/h, avec une pointe à 54km/h, est énorme, j’aurais dû le savoir avant.

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