Longchamp à sept heures du matin en pleine semaine, je n’ai même pas eu besoin de mettre le réveil, j’étais programmée pour regonfler mon vélo et partir rouler à l’hippodrome avant de commencer ma journée de travail ce jour-là, même la porte Maillot m’a ouvert grand les bras pour que je passe sans trop d’encombre entre les travaux et le trafic vers ma destination sous un soleil déjà bien présent et encourageant. Ma première séance de vélo à jeun, après une séance de piscine lundi et une autre de course à pied le mardi à la même heure, je retrouve la forme et le moral tôt dès le matin. Avec l’ouverture des piscines au grand public, mon bassin si tranquille d’ordinaire se trouve pris d’assaut dès la première heure, je m’entraîne moins à nager qu’à lutter dans l’eau pour garder mon rythme dans la ligne, en cela je m’exerce au départ d’un triathlon. Je profite de cette mise en forme matinale pour courir le midi et rouler le soir au bord du canal à la fraîche, je tourne autour du parc des Chanteraines en me perdant souvent. La course à pied à jeun est encore la séance que je préfère parce que je sens mon corps se dégourdir et sortir de la torpeur du sommeil au fur et à mesure que je progresse vers le parc Martin Luther King où de nombreux coureurs et autres sportifs se trouvent pour pratiquer pendant que d’autres se prélassent en terrasse pour un premier café au soleil. Lorsque j’arrive au bout de l’allée de Longchamp, je vois un premier peloton s’étirer à une vitesse impressionnante dans le premier virage, je suis moins étonnée par le nombre de cyclistes que par leur départ au moment où j’arrive, ils sont là depuis six heures eux. Je roule un tour, deux tours, trois tours, j’aimerais ne jamais m’arrêter de mouliner ainsi. Lorsque je m’imagine sortir pour aller rouler à Longchamp sur mon avion de chasse, systématiquement je me vois coincée porte Maillot en plein troupeau motorisé et renfort de sorties de pot d’échappement, c’est l’appréhension que j’en ai, et lorsque j’y suis je me rends compte, mais je le savais déjà, j’en prends simplement conscience vraiment, qu’à aucun moment je ne retrouve coincé, je gère chaque voiture une par une, ça passe. Prochaine étape, la même série en nocturne, une séance au polygone est prévue le lendemain avec le club, travailler la fréquence à fond, je vais continuer à mouliner. L’orage est prévu le soir, il a déjà brutalement éclaté au petit matin, je reçois la première goutte de pluie sur le trajet alors que je chasse l’appréhension de me voir coincée dans les embouteillages à l’heure de pointe, en réalité il ne pleut pas encore et ça roule bien. Je retrouve le groupe au niveau du polygone, le plus dur est fait de mon côté, je souffle. Premier échauffement sur vingt minutes, le temps de prendre des nouvelles des autres et me familiariser avec cette piste que je découvre, il n’y a personne d’autre que nous. Puis la séance commence, on mouline sur petit plateau dans les deux longueurs puis retour au calme dans les petits segments, je sens mon cœur gonfler dans l’effort et mes poumons s’ouvrir au maximum, je mouline comme jamais et d’un coup l’orage éclate.

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