Direction Etoile #36

Vingt jours après Les Sables, je sors à nouveau mon vélo de course pour retourner à Longchamp, je n’avais trouvé jusqu’ici ni la motivation ni l’élan pour affronter le tronçon Champerret-Porte Maillot qui reste ma difficulté pour accéder à l’hippodrome. Et puis après une semaine de travail particulièrement dense et épuisante, une séance de fractionné, puis un footing d’endurance et enfin un run dans mon quartier à Montmartre dédié aux côtes et escaliers, et surtout une soirée qui me réconforte dans la douceur des jours, des semaines et des années à venir, je me sens prête ce matin à rouler à nouveau. Ma roue avant est voilée et mon poignet droit douloureux, je dois apprendre à le détendre, le passage depuis la Porte de Champerret jusqu’à Maillot est pire que tout, pourvu que les travaux sur le tram prennent fin pour dégripper cette portion de route. Une fois que je prends mon élan sur l’allée de Longchamp, ma motivation revient au triple galop, j’attends avec impatience d’apercevoir enfin la silhouette de l’hippodrome. Je sens bien que je n’ai pas retrouvé ma grande forme mais le plaisir reste incroyable. Je comprends mieux les coureurs et cyclistes qui s’installent en lisière de l’un des deux bois, ou les parisiens qui s’exilent en province pour pouvoir nager rouler et courir direct. J’imagine que je pourrais m’installer un jour en Vendée dans une petite maison avec la vue sur ma raison et profiter d’un horizon plus large que jamais de possibilités pour passer le plus de temps à l’extérieur et à deux aussi, réinventer sa vie du matin au soir.

Direction Etoile #35

90 jours avant le marathon de Paris qui aura lieu cette année après deux reports le 17 octobre, soit deux semaines après le Frenchman, le triathlon longue distance à Hourtin. Ce sera mon dernier triathlon de la saison, le troisième L après le Half-Ironman des Sables d’Olonnes et le triaLong de Bois le Roi, quelque part en Ile de France le 12 septembre, j’ai prévu deux triathlons distance olympique, à Chantilly puis à Deauville. Entre ces deux épreuves, l’une fin août et l’autre fin septembre, il faudra courir un semi. Ce fameux semi-marathon par l’annulation duquel tout a commencé à partir en vrille sans que personne ne connaisse véritablement l’ampleur et l’impact de la crise à venir. La fête qu’a été pour moi ma participation aux Sables d’Olonne me donne l’impression d’être sortie d’une période interminable de restrictions successives et de gros doutes, mais sortirons-nous un jour de cette prise de conscience générale quant à notre fragilité. La prudence est de mise et c’est le cas aussi pour ma récupération post triathlon jusqu’aux vacances qui tardent, après l’euphorie sur la ligne d’arrivée la fatigue me rattrape et j’ai des envies de mer, nager dans la baie sans aucune contrainte que ce soit, sinon d’échapper au feu d’un soleil particulièrement ardent cette année où l’on atteint 49,6°. Je reprends la course à pied en douceur, il me faut travailler l’endurance et les sorties longues, je garde en tête la facilité avec laquelle j’ai géré la transition vers la course à pied, si ma montre n’était pas tombée en rade et le moral avec, j’étais sous les 6h. Le semi sur le Frenchman est composé de deux boucles, il ne faudra pas flancher. Je retourne à la piscine, plus dans l’idée de me détendre, sauf qu’arrivée dans le bassin, il y a trop de monde pour nager tranquillement et je mets mon clignotant pour doubler, j’ai encore mon tatouage de l’Ironman bien visible sur mon épaule, forcément ça claque. Pour la partie natation, je garde en tête l’idée de ne pas me précipiter au départ pour éviter de suffoquer dans les premiers 500m, je dois au contraire ralentir pour avancer. La partie vélo reste la plus importante et cruciale à améliorer dans le cadre d’un triathlon long puisqu’elle constitue la moitié de l’épreuve, je ne peux plus me rattraper avec la course à pied, je dois apprendre à accélérer et trouver une position sur les prolongateurs. J’ai décidé de retourner à Chantilly sur la distance olympique pour savoir si j’ai fait des progrès sur les trois disciplines depuis mon premier triathlon M fini en 03h26mn49s, j’aimerais passer sous les 3 heures pour me rassurer sur une préparation que je fais seule, la meilleure décision serait de retourner aux entraînements, profiter de tous les conseils. Il peut s’en passer des choses en quatre-vingt-dix jours, patience et prudence. Vacances.

Direction Etoile #34

J’ai nagé 45mn et terminé les 91km de parcours de vélo en 3h13 lorsque j’arrive au parc pour la dernière transition, beaucoup plus efficace, il ne pleut plus et je me sens bien. La course à pied démarre une ligne droite qui nous ramène à la plage depuis l’autre extrémité de la rade du Vendée Globe, je ne pense plus qu’à la ligne d’arrivée en observant la foulée des autres coureurs et le nom des différents clubs sur les trifonctions. Les 300m de course sur le sable avant de rejoindre le remblai me paraissent longs, comme les autres je peine à trouver mes appuis mais j’entends plus haut l’ambiance sur la ligne d’arrivée, quelques marches plus tard je cours parmi un public venu nombreux. Trois boucles sur le remblai et plusieurs ravitaillements pour arriver à bout de ce semi. Le parcours me rappelle le 10km sur la Promenade des Anglais à Nice, j’entends la mer qui nous encourage avec plus de véhémence encore que les spectateurs, le vent souffle. Je parviens à courir la moitié du parcours avec une moyenne de 5’13, quand ma montre s’éteint et je me retrouve seule au pire moment, elle aura quand même tenu plus longtemps que prévu et je me poserai la question plus tard de savoir pourquoi j’ai oublié ce fichu chargeur chez moi, l’un des accessoires les plus indispensables à ma course. Mon rythme faiblit et je passe davantage de temps sur les ravitaillements, les bénévoles sont adorables et me soutiennent à chaque passage, je bois plusieurs verres et je repars. Arrivée sur la dernière boucle, je retrouve ce syndrome de la démotivation qui me déplait tant chez moi, comme au 7e kilomètre sur un 10K et qu’il faut enfin tout donner, quitte à le payer un peu plus au moment de la récupération, je laisse les autres y aller. J’entends même deux coureurs du même club qui échangent sur la possibilité de finir l’épreuve sous les six heures au moment de les dépasser, pourquoi ne pas les suivre ? Les spectateurs sont plutôt rares à l’autre bout du remblai et le vent souffle de face, seulement il me faut y retourner pour finir cette course au mieux avant que les douleurs ne soient présentes, alors lorsque je repars dans le sens de la ligne d’arrivée en me disant que je passe pour la dernière fois devant telle devanture et tel ravitaillement, je ne m’arrête plus, je profite de l’enthousiasme du public sur la dernière ligne droite en souriant tout en me disant que si j’avais poursuivi sur mon rythme je ne sourirai pas. J’arrive sur le tapis rouge en hurlant ma joie, je l’ai fait, cette fois c’est fini, enfin ! Enfin. J’ai beau avoir paniqué sur une partie de la nage, espéré rouler plus vite sous la pluie et faibli sur la dernière partie de la course à pied, je suis à ma place sur la ligne d’arrivée, j’en ai tellement rêvé et j’ai fait une belle course, je connais à présent les points à travailler, le principal à partir d’ici est de savoir récupérer au mieux et profiter.

Direction Etoile #33

Les vagues, le vent, la pluie… le plaisir, la foule et les paysages sur six heures dix de triple effort ce dimanche 4 juillet aux Sables d’Olonne pour venir à bout de 1900m de natation, un peu plus de 90km de vélo et un semi-marathon avec 300m sur le sable mou. J’ai savouré chaque instant de mon triathlon longue distance à partir du moment où le départ m’a été donné depuis le rolling start par catégorie d’âge jusqu’à l’accélération finale sur le tapis rouge face à l’arche de l’Ironman dressée sur le remblai noir de monde. La seconde avant le départ, j’étais encore dans une appréhension désagréable parce que je n’avais pas pu charger ma montre et la météo annonçait de la pluie toute la journée. Lorsque la mer a ouvert ses bras au bout de la plage sur laquelle je me suis élancée au top départ, la peur et autres pensées parasites, tout s’est évaporé en un instant pour laisser place à un sentiment de liberté totale comme je n’en avais pas ressenti aussi fort. J’ai couru dans les premières vagues, il était 7h10 du matin, l’eau était à 18 degrés, j’ai commencé à crawler en mode water-polo parce que les vagues étaient énormes et j’ai gagné la première bouée avant de rejoindre la rade pour une longue ligne droite ensuite. C’est alors que j’ai paniqué, je ne trouvais pas mon souffle, comme lors du premier M. L’excitation du départ, la précipitation et le stress m’ont rattrapée alors que les nageurs autour de moi progressaient maintenant vers l’autre extrémité de la rade du Vendée Globe, sur les remparts de nombreux spectateurs étaient venus nous encourager déjà. Après un moment interminable de longues négociations désespérées avec moi-même, j’ai retrouvé le crawl et tenté de m’installer dans une nage plus confortable et sereine. Lors des entraînements à la base nautique de Torcy, j’étais précisément parvenue à m’améliorer sur le tour des trois îles en partant sans précipitation, j’ai fait le contraire en me laissant submerger par l’excitation, erreur de débutante que je garde bien en tête. Il va m’en falloir des traversées dans la baie de Tinos pour me familiariser avec les vagues, l’endurance et surtout la constance dans ma nage mais je m’y projette aisément. L’arche de sortie d’eau s’est dessinée au loin alors qu’enfin je prenais du plaisir à nager. Il s’est mis à pleuvoir alors que j’enlevais, sans encombre cette fois, le scratch de ma combinaison, j’ai pensé aux dernières sorties sous la pluie en vélo, j’ai presque souri. La partie vélo est celle dont je garde le meilleur souvenir parce que c’est aussi celle qu’au départ je redoutais le plus, je suis encore moins cycliste que nageuse et j’ai dompté récemment mon vélo de course, très exactement après ma première chute à La Panne. La pluie n’a pas redoublé non plus, elle a parfois fait place à de très légères éclaircies, en revanche le vent a été de la partie sur tout le trajet, y compris dans la forêt d’Olonne. Pourtant la joie et l’enthousiasme de rouler sur un trajet sécurisé aux paysages délavés m’ont transportée d’un bout à l’autre sans que je ne ressente de difficulté dans les montées, bien sûr j’aurais voulu passer le cap des 30km/h sur toute la distance mais la prudence restait de mise sur cette voie glissante, j’ai progressé à 28,6km/h de moyenne. J’ai réussi à me ravitailler correctement, les bénévoles et l’ambiance étaient formidables. Je n’ai pas vu arriver les premiers 30 kilomètres, on venait juste de partir et j’ai été surprise en voyant s’afficher aussi le seuil des 50km, j’ai franchi les 70km avec bonheur et à partir du 80e kilomètre j’ai trouvé la dernière ligne droite interminable alors que j’avais ressenti un pincement au cœur en passant le panneau des Sables d’Olonne pour mieux ressortir de la ville un peu plus loin et gagner la ligne d’arrivée plus loin encore. Je ramène mon vélo au bercail, bien plus satisfaite de ma course à vélo que de ma nage, et je ne passe pas la seconde transition à ranger ma chambre. A nous la course à pied…

Direction Etoile #32

J-3. Voici donc venu ce fameux mois de Juillet avec son non moins sacro-saint jour J. C’est une Jeanne qui devrait l’emporter haut la main dimanche aux Sables d’Olonne, Jeanne Collonge, victorieuse plusieurs fois de l’Embrunman et championne de France de triathlon longue distance, et surtout affiliée au Club des Sables Vendée Triathlon. Mon vélo est parti pour un check-up complet avant son rangement dans le sac et je prépare le mien en visualisant chaque transition entre le scratch de la combinaison, l’arrêt de la montre et mes tergiversations quant aux lunettes : sur ou sous le bonnet ? Comme une thématique filante, la pluie semble être de mise toute la journée de dimanche pour ajouter à mon stress qui croît à mesure que la semaine de travail avance.

Combinaison, trifonction du club, lunettes de natation, le bonnet est fourni, une paire de chaussettes pour marcher du parc à vélo vers la zone de départ, vingt minutes de marche, départ à 7h16 alors que les pro seront déjà parties avec le lever du soleil à 6h30, elles, chaussettes blanches qui ne le seront plus à la fin de la pluie vu mes récents déboires, chaussures de vélo revissées à fond pour ne plus rien perdre en déclipsant à la sauvage, casque et lunettes de soleil, les gants tellement je douille au bout de deux heures déjà, j’enlève le casque et je chausse mes chaussures de course déjà lacées, je passe mon dossard de derrière à devant pour ne pas me faire verbaliser par les arbitres… et je fonce.

Direction Etoile #31

J-4. Après ma dernière séance de vélo et la perte de ma cale dans ma pédale, je m’attends au pire pour ma dernière séance de natation avant de couler à pic dans la rade dimanche. Il se met à pleuvoir au moment où je sors le vélo, cette pluie fine qui dit je ne tombe peut-être pas beaucoup mais je ne vais pas cesser de tomber et m’infiltrer partout en toi, j’ai faim et je suis fatiguée, je n’ai pas la tête à rouler ni à nager, pas le moral, marre. C’est le vélo qui roule pour moi et me porte jusqu’à la gare de l’Est où je me dis que si personne du club n’est dans le wagon à vélo, je rentre chez moi, William me klaxonne. Vive les groupes Whatsapp qui permettent de s’engager puis empêchent de se défiler. Miracle, une éclaircie s’annonce au moment d’enfiler les combinaisons, j’imagine déjà un nouvel épisode de lunettes qui prennent l’eau, pas du tout. Une algue me kidnappe. J’en suis à la moitié du parcours et je pense que tous les nageurs sont devant, je me vois rester loin derrière, pieds et poings liés par une algue dont je n’arrive pas à m’extirper. Il me faut contourner l’énorme masse foisonnante pour reprendre la nage, sous le choc. On dit bien que les répétitions générales catastrophiques annoncent les meilleures prestations au moment du concert, alors j’ai peut-être une chance de m’en sortir vivante.

Direction Etoile #30

J-6. Longchamp, le retour du lundi au soleil, enfin pas sous le soleil exactement. Disons que la sortie commence plutôt bien, ciel dégagé et circulation à peu près fluide aux portes de Paris, j’imagine même que les nuages qui se dessinent entre la verdure de la magnifique allée de Longchamp pourraient être des montagnes au loin. Je suis en Suisse. Il n’y a pas un chat à l’hippodrome, je me paie même le luxe d’entraîner un cycliste dans ma roue sur deux tours, je l’entends souffler derrière moi sur le faux plat, je me régale. Puis sur le retour, je perds une vis en déclipsant à un feu rouge, il ne doit plus m’en rester beaucoup au pied droit, je m’étais promis de réviser mes chaussures avant le départ, j’en suis là de mes réflexions au prochain feu rouge quand mon pied reste coincé. La chute, la cale reste dans la pédale, j’ai le temps d’apercevoir un petit tapis de pelouse. Je crois même avoir eu le temps de penser tiens ce serait pas trop mal de chuter à cet endroit, l’herbe a l’air propre et puis il n’y a pas trop de monde, pour une fois je ne vais pas me donner en spectacle, la seconde d’après j’étais par terre face aux voitures au feu. Pas n’importe quel feu, celui qui délimite la superbe allée du chaos de la porte Maillot, un peu comme la porte du Paradis à l’aller et la porte de l’Enfer au retour, et là il a plu. Il s’est mis à pleuvoir comme si le diable pleurait de rire et l’orage s’est mis à gronder. Impossible de visser à nouveau la chaussure sur la cale faute de vis, j’ai ramené mon vélo à la maison et non l’inverse, une personne m’a demandé sur le trajet si j’avais crevé, non c’est moi qui suis crevée et qui aimerais profiter moi aussi d’une soirée foot à ne rien faire d’autre que hurler sur les joueurs et crier victoire comme si c’était la mienne !

Direction Etoile #29

J-7. J’avais prévu Longchamp sauf qu’il pleut, je fais des allers-retours sur les Maréchaux en espérant une éclaircie, peine perdue elle n’arrive qu’en fin d’après-midi. Je me souviens de l’engourdissement dans lequel j’étais avant le marathon des Gay Games en arrêtant de courir pour récupérer avant l’épreuve, je n’avais plus aucune énergie et je redoutais de ne plus jamais réussir à courir, finalement j’avais mieux couru que jamais en retrouvant un confort et une forme que j’avais perdu les derniers mois. On appelle ça « faire du jus » pour être prêt à 100%. Je n’en peux plus de faire du jus.

Direction Etoile #28

J-8. La réflexion de l’ostéo m’a suivi toute la semaine, autant un joueur de tennis a déjà joué un match avant d’affronter un adversaire en compétition, autant je m’apprête à parcourir une distance que j’appréhende mais dont je ne connais pas la réelle difficulté. Je me rappelle avoir tenu une sortie longue à vélo sur six heures et quinze minutes, j’ai pensé à l’arrivée que cela pourrait être le temps que je mettrai sur mon L dimanche 4. Je me souviens aussi avoir couru mon premier marathon sans avoir jamais encore parcouru 42km en course à pied, j’avais même arrêté de courir pendant une année entière pour me remettre plutôt mal que bien d’une fracture de fatigue, je n’avais parlé à personne du marathon et j’avais repris une semaine avant sur 5km, puis 7 et 8, enfin 10. Je pense aussi au semi que j’avais couru à Palerme après la fracture de l’orteil, à la cool. Je sais que je vais paniquer dans l’eau au départ, je sais que je vais avoir des coups de mou à vélo en constatant la puissance et la vitesse des autres cyclistes, je sais que je vais vouloir abandonner dès les premiers cent mètres de course parce que la douleur sera là. Mais j’espère aussi arracher le scratch de ma combinaison avec soulagement en sortant de la rade, je m’imagine en train de traverser la forêt des Sables d’Olonne avec enthousiasme et je me projette dans ma troisième boucle en me disant j’y suis, j’y suis, et je veux bien croire si j’y arrive que je ne voudrai plus jamais refaire de triathlon de ma vie sur le moment, sauf que le soir-même je regarderai déjà la date des prochains L.

Direction Etoile #27

J-10. Je me suis levée aujourd’hui pile à l’heure de mon départ dimanche 4 juillet, 7h16. Dernière ligne droite pour un événement auquel je suis inscrite depuis le 30 juillet 2019, lors de ma première saison de triathlon, à l’époque j’écrivais Trois éternités et je m’entraînais sur la distance olympique pour m’aligner sur Chantilly puis sur Cherbourg. J’avais d’abord envisagé le Half-Ironman de Cascais, au Portugal, parce que j’avais adoré la destination, il devait avoir lieu en septembre 2019, je me suis sagement ravisée. Jamais à l’époque je n’aurais envisagé qu’une personne puis un contexte puisse un jour m’empêcher de courir, jamais je n’aurais pu imaginer que toute projection dans l’avenir proche puisse s’annuler aussi radicalement du jour au lendemain, à l’image de la nouvelle qui m’a fait prendre conscience de la gravité de la situation, la veille du semi. Aujourd’hui, je me projette vers ce dimanche 4 juillet, jour de l’Indépendance aux US, comme si je devais m’élancer vers une liberté qui m’a été retirée trop longtemps ou dont je n’aurais pas su profiter comme il le faut parce que je n’en connaissais pas la valeur. Trois confinements après l’inscription j’attends ce D-Day plus que n’importe quel autre.