Il est arrivé sans même que je m’aperçoive de l’échéance, le semi-marathon de Paris. J’avais bien noté que j’étais en déplacement en Angleterre la semaine précédente et que je n’aurais aucun moyen de m’entraîner sinon rapidement chaque matin, à l’occasion d’une petite sortie de cinq kilomètres dans le parc des magnifiques manoirs de la Cornouaille. Quel meilleur moyen pour découvrir une contrée que de la parcourir à pied, le regard aux aguets. J’avais en mémoire également un premier concert de la chorale la veille de la course et dont l’horaire ne me permettrait pas de participer à la pasta party avec les autres membres du club. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir cinq fidèles coureurs du club venus m’écouter chanter, je me suis sentie revigorée, remplie d’énergie pour affronter la course sans préparation. Au moins j’avais été entraînée à courir sous la pluie pendant une semaine entière. Le ciel bleu a fini par se dégager alors que nous rejoignions les sas de départ après la photo de groupe prise sur fond de cathédrale au loin, le départ serait donné vers Austerlitz sur les quais. Comme par hasard, une notice m’avait rappelée que j’avais couru mon premier semi-marathon quatre ans auparavant, presque jours pour jour, le départ était alors donné au bois de Vincennes, j’avais marché au quatorzième kilomètre qui grimpait trop pour moi, 1h59mn58s. Près de 40000 coureurs sont attendus aujourd’hui, c’est énorme et l’organisation est ficelée. Nous partons avec deux minutes de retard seulement, le parcours est roulant quasiment jusqu’au bout, sinon une légère montée au neuvième kilomètre, aux abords de la Porte Dorée. Je me rends compte au sixième kilomètre que je suis toujours dans le peloton du meneur d’allure pour les coureurs visant 1h40, je le perds de vue régulièrement, puis il réapparaît devant moi au douzième kilomètre, je ne dois pas être si mal en point, mais ce vent. Ce vent ! J’attends le dénivelé négatif que l’on m’a promis au dix-septième kilomètre avec grande impatience, j’aimerais me laisser couler jusqu’à Bercy sans plus avoir à lutter contre les giboulées qui menacent ma motivation sur les hauteurs du plateau vers Charenton, continuer. Certains coureurs se sont mis à marcher, j’ai moi-même décéléré, tout mais pas marcher non. J’en suis au dix-septième kilomètre et la fin de la course me paraît interminable, j’aimerais arriver au kilomètre suivant pour me dire qu’il n’en reste plus que trois à effectuer pour retrouver la rumeur de la ville et les encouragements des gens qui redonnent un coup de fouet sur la dernière ligne. Je pense que j’ai une chance folle de courir sur un aussi beau parcours. Bientôt le paysage urbain se dessine plus précisément, au moment même de franchir les rames du tramway, comme au marathon de Paris lorsque je me dis que la direction est prise vers la ligne d’arrivée à nouveau après s’être éloignés trop longtemps et bien trop loin de la capitale. Je n’ai plus de jambes sur les deux derniers kilomètres, il fait un temps splendide et je profite, la ligne d’arrivée ne devrait plus être loin, la voici qui apparaît depuis le pont. 1h44mn41s.

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