La suite de la semaine s’écoula avec davantage de fluidité, une séance de natation pour moi le matin et un entraînement de fractionné sur piste avec mon club, une séance dans mes stades le lendemain matin et le soir, la très attendue seconde et dernière séance de natation coachée. J’ai aligné mes premières traversées de bassin en crawl sans m’arrêter ni boire la tasse ou couler, mais le bassin ne fait que vingt-cinq mètres alors que le jour du triathlon il me faudra enchaîner six longueurs de cinquante mètres pour venir à bout de l’épreuve de natation, avant d’enchaîner sur six kilomètres de vélo et deux kilomètres et demi de course, ça devrait aller. J’apprends à gérer le passage du crawl à la brasse coulée lorsque je suis interrompue dans mon élan, un peu comme lorsque je régresse en marche au moment où j’ai besoin de retrouver mon souffle et ma foulée pour reprendre le rythme de la course, la brasse devient le pis aller. J’appréhende cette nouvelle séance autant que je l’attends, en me demandant si la coach va m’inciter gentiment à abandonner l’idée de participer à un triathlon ou si elle va noter que mon cas n’est pas si désespéré que cela, je me vois encore couler avant d’atteindre les 300m. Limite je me vois chuter du vélo d’appartement qui sera installé juste au bord de la piscine, voire je me vois ramper pour franchir les dénivelés prévus sur le court parcours de course. Toujours est-il que je profite de la séance de fractionné court pour me lâcher sur des sprints et me divertir à nouveau des longues sorties et du travail d’endurance pur qui me motive moins. J’aurais pourtant tout à y gagner à un mois pile du marathon si je veux le finir correctement. Pour le moment, je ne veux même pas y penser, par peur de me projeter encore une fois dans une belle performance et le jour venu être déçue du résultat, aussi je prépare d’autres courses. Quel plaisir de retrouver ce bassin de cinquante mètres pour une séance de coaching nocturne. Nous démarrons directement par le crawl, avant d’enchaîner des exercices de jambes et de bras en crawl et finir en beauté par des 400m de crawl en nage complète, bref nous crawlons. Pour ma part, je bois la tasse et je tousse, la coach m’incite à aller moins vite pour ne pas tomber dans la panique, à ramener davantage les bras vers le corps et battre une jambe après l’autre et non pas les deux en même temps, j’ai l’impression que rien ne va, la catastrophe. Pour finir, mon casier est bloqué et au moment où je retourne voir la coach pour lui demander où je peux trouver le personnel de la piscine à plus de 22h, elle me voit arriver en souriant et, pour mon plus grand étonnement, affirme que mon crawl s’est amélioré et qu’il faut que je continue à m’entraîner, ça paiera. J’en oublie de lui demander de l’aide pour mon vestiaire. Au moment de refaire mon code, le casier s’ouvre par miracle, comme si l’espoir renaissait.

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