La magie de Noël, comme si en ces temps de restrictions strictes et d’incroyables contraintes, on pouvait croire qu’une atmosphère aussi miraculeuse puisse exister. D’abord, Noël n’a pas le droit d’exister cette année puisque le risque est trop important, sinon la version commerciale dans les grands magasins qui n’a ni intérêt ni valeur réelle, puisque les familles ne peuvent pas se retrouver vraiment, il faudrait réinventer la magie. Il est 16h54 et je suis en vacances dans six minutes, en train d’enregistrer le tableau Excell du suivi de mon travail et dieu ou n’importe quel roi mage sait que j’ai carburé en cette dernière journée avant de pouvoir me reposer et là, impossible d’enregistrer. Une lumière orange s’est allumée comme pour me prévenir que mon cerveau cramait. Je tape et je hurle, bref je montre un flegme à toute épreuve en pareille circonstance, bien sûr mon portable n’entend pas collaborer ainsi en ce jour sacré du Père Noel, aucune réaction de sa part lors de mes tentatives démultiplier pour continuer à travailler. La réponse est donc non, il n’est plus temps de travailler, on trouvera la solution après. Là maintenant tout de suite, il est temps de sortir rejoindre Nath sur les quais de Seine pour profiter d’un réveillon en plein air avec du Champagne et des bonbons, le bonheur. Dehors, les gens s’agitent et le froid pique, il y a comme une effervescence et il fait encore jour, le soleil se couchera un peu plus tard pour nous accompagner tous les jours, finalement tout ne va pas si mal et il n’est pas impossible qu’on s’en sorte un beau jour. On arrive toutes les deux au même moment au lieu du rendez-vous qu’on n’a même pas eu besoin de fixer, pas plus que l’heure, à la minute près nous sommes là, hystériques. C’est Noël et nous sommes dehors, presque libres comme l’air et les cloches des églises du quartier, de tous les quartiers voisins, sonnent à tout va, un véritable hymne à la joie. La bouteille de Champagne est débouchée, les coupes s’entrechoquent et les masques tombent pour qu’on puisse échanger de visu et de vive voix, l’amitié est à l’honneur ici, surtout que nous avions organisé la même soirée en mai, sur le quai en face, au soleil. Que de choses à se raconter, comme d’habitude, le lampadaire nous fait des clins d’œil et quelques passants nous souhaitent une belle soirée, notre enthousiasme les fait rire, les bonbons se marient mieux que les fraises à nos coupes en cette saison, un vrai régal. Et le bouchon de Champagne nous sert bientôt de ballon sur le baby-foot que je n’avais jamais remarqué à cet emplacement, pourtant j’y suis passée et repassée sur ce quai, autant je suis nulle à ce jeu, autant le bouchon se met en quatre pour rentrer dans les filets et je ne peux plus contenir le fou-rire qui me prend parce que cette installation vétuste nous contraint à des stratégies de footballeuse hors-paires, sponsorisées Haribo. Un passant vient nous quémander les pièces que nous n’avons pas, nous lui offrons la boîte encore pleine. La lune aussi est presque pleine sur la surface du canal. La magie.

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