Le lendemain de ma première séance de renforcement musculaire, le réveil est mis à 6h pour rejoindre à 8h15 mes coéquipiers de l’Ekiden au pont Iéna, je n’en connais pour l’instant aucun. L’ordre de passage a changé, je démarre notre marathon en relais et je passe la ceinture à Nikolas que je retrouve sur le quai du métro, dehors Carole fait déjà la queue, Eddy nous rejoint, Lara nous retrouvera plus tard et Alicya nous trouve au point de contrôle, l’équipe est complète. Je n’ai pas le temps de m’échauffer qu’il est déjà l’heure pour moi d’entrer dans le sas de départ. Dès les cent premiers mètres, je sens que la course va être longue et pourtant on parle d’un 5km, je ne sais pas s’il s’agit de ma séance de musculation de la veille ou bien du manque d’échauffement mais je pars en étant essoufflée et je peine à trouver mon rythme de croisière, tant pis il faut aller jusqu’au bout et tenir le temps annoncé, on repassera pour les sensations. Au moment du passage de relais, je ne vois pas mon acolyte parce que les sas sont engorgés, une ligne d’arrivée tracée en vert me fait rebrousser chemin, je vois enfin Nikolas et lui passe la ceinture avant de retrouver les autres, quelques abricots secs en main, il se met à pleuvoir et je commence à avoir froid, j’envisage un instant de rentrer et je me rends compte qu’il se passe la même chose que pour le dossard contre Kipchoge, m’éclipser face à l’attente sous la pluie. Quelques jours plus tôt, c’est au Monoprix que je fais la queue mais je ne suis pas seule et il ne pleut pas dans le magasin, elle me suggère que nous pouvons éviter de faire la queue aussi, seulement rien n’est pareil à deux et je lui réponds que je peux faire la queue pendant des heures et sous la pluie s’il le faut pourvu que nous restions ensemble à divaguer comme nous le faisons, du reste il m’importe de rapporter la sélection de nos premières courses à deux pour en profiter, je me rends compte en m’approchant de la caisse que je tiens moins au dossard contre Kipchoge qu’à la ligne d’arrivée chez moi quand notre premier repas nous aura auréolées de satisfaction. En attendant, j’ai couru ma course et j’ai encore moins envie en ce dimanche gris et pluvieux d’attendre la médaille remise à la fin de ce marathon d’équipe, que le dossard samedi dernier. Ma motivation serait-elle distraite actuellement au point que je ne me concentre plus sur rien ? Mon prochain objectif est en mai avec le Half-Ironman d’Aix-en-Provence et sa sacro-sainte montagne Sainte-Victoire, peut-être une vraie coupure m’aurait-elle permis de mieux reprendre mais je n’ai pas su refuser les petites courses de fin de saison quand d’autres se mettent au cross. C’est le lundi matin que je sens enfin les courbatures de ma première séance de renfort musculaire, preuve que j’ai réveillé des muscles que je n’avais pas l’habitude de solliciter, presque tout mon corps est endolori, si bien que j’en viens même à me demander par quelle grâce du Saint-Esprit je tiens debout ou comment j’ai pu finir cinq triathlons sans musculation. Mon réveil est toujours programmé pour 6h, il fait encore nuit lorsque je pars en direction de Molitor et l’eau fume toujours à la surface alors que le soleil se lève et que ma motivation renait.

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