J-10 avant le triathlon XS et j’arrive au bout de mes dix séances de natation sans avoir l’impression d’avoir progressé sinon que je simule un crawl que je ne nageais pas avant cela. Tout le monde dans tous les bassins de natation du monde entier nage parfaitement le crawl. Je dois rattraper mon retard et pour ce faire, je décide d’adhérer au club de natation au sein duquel j’ai profité d’une initiation, je vais pouvoir raconter mon histoire au coach, ça va aller. Ma préférence va à la séance hebdomadaire du samedi dans la jolie petite piscine du XXe et que j’ai toujours voulu découvrir, au cœur de Belleville, à deux rues de mon Gestaltiste. J’arrive avec trois éternités d’avance, le bassin est déjà vidé en ce début de soirée, nous aurons la piscine pour nous tout seuls. J’entends parler du coach, Julien, mon sauveur donc. Quelle n’est pas ma surprise lorsqu’à la place dudit Julien je vois arriver à nouveau la même coach qui m’a remise à la planche, initié aux battements de jambes, aux mouvements de bras, je ne sais pas qui de nous deux est la plus étonnée, elle par mon obstination à sortir de mon sous-niveau ou moi parce que je n’ai aucune chance de raconter mon histoire, elle sait tout. J’apprends le crawl depuis trois semaines et je suis inscrite à un triathlon avec des champions. Cette fois, elle me demande mon prénom et insiste définitivement sur la respiration, si j’ai la chance de progresser un jour, au moins elle n’y sera pas pour rien. En attendant je ne tiens pas la première longueur sans suffoquer, comme au temps où je faisais des crises d’asthmes et que je devais sortir de la pièce pour calmer la panique générale qui m’avait envahie d’un coup. Sauf qu’ici, il m’est plutôt difficile de quitter le grand bassin pour retrouver mon calme et reprendre le crawl, je dois enchaîner, penser à ma position, à mon opposition, à ne pas penser. Je parviens à exécuter quelques longueurs sans interruption, sans savoir à quoi cela ressemble. De fait, j’arrive d’une extrémité du bassin à l’autre, entre les deux j’ai nagé en crawl, tenté de. Dimanche prochain, il faudra simplement prendre en compte le fait que le bassin fait le double de distance et qu’il faut tenir sur six longueurs dans un lieu noir de monde, ça va aller. Heureusement, il reste la course à pied et dès le lendemain j’ai ma revanche sur cette fameuse sortie au Parc de Sceau quelques temps avant le marathon d’Athènes, j’avais du interrompre la séance et rentrer en RER parce que la douleur sciatique était insupportable, le cauchemar. Cette fois-ci je surveille le genou qui a du mal à se remettre de mes cabrioles en sandales lors du trail dans la boue du lointain 91. Je me suspecte d’avoir surtout très peur d’avoir très mal. Malgré cet inconfort, la sortie se passe sans encombre, depuis la trotte sur la coulée verte entre le métro Chatillon jusqu’au parc de Sceau, en passant par les interminables tours du plan d’eau face au château toujours aussi esseulé depuis le concert de Madonna en 1987, pour finir par un retour en solitaire parce que la fatigue est présente, je n’ai plus la force d’accélérer. Lorsque je ne serai plus capable de courir du tout alors vraiment j’apprendrai à nager le crawl.

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