permettez 
je sors de la saison je m’enfuis
et trace mon chemin à travers les champs dorés
dans lesquels mes boucles blondes se nouent aux épis
pour me fondre tout à fait dans un paysage 
de solitude profonde 
d’interminable marche
pour n’arriver nulle part 
repartir aussitôt
derrière moi les souvenirs s’estompent et les cris
n’effraient plus les oiseaux en pleine migration
comme moi ils vont ailleurs trouver la chaleur
d’un continent bercé par les vagues et le sable
dans lequel je m’enfonce
échouée sur la plage
et réchauffée enfin
par des rayons anciens
je me lève et m’étire et retire tout tissu
l’aventure recommence à qui sait inventer
chercher l’ombre de l’arbre où parler au soleil
et par un matin d’été se résoudre
à l’automne

Photo : Joan Miro, "Le permissionnaire", 1974.

6 réflexions sur “Poèmes au basilic et à l’oreiller #26

  1. Il est, parfois des fins ‘d’été, où nous nous rêvons oiseaux migrateurs.
    Il suffit d’un rien pour se résoudre à l’abandon de ce rêve….Mais attendons le début de cette nouvelle aventure pour une véritable résurrection….!

    Aimé par 1 personne

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