Démarrer le week-end sur une lombalgie pour le finir par une médaille d’or, avouez. Et le recul n’y fera rien, je veux toujours croire que j’aurais pu éviter le pire, mais je sais surtout que j’ai failli louper ma participation au seul triathlon XS de l’année.  Un rescapé parmi toutes les annulations qui n’ont cessé de pleuvoir depuis le printemps. C’est le bonus au cours d’une année qui n’a fait aucun cadeau et je ne prévois pas de changement significatif dans ma semaine, j’ai juste très envie d’en profiter le jour arrivé. Je cours donc tous les jours et je nage deux ou trois fois, pendant la pause déjeuner, la chorale reprend le mercredi et le choses semblent rentrer dans un semblant de normalité, sinon que j’ai un peu la hanche qui tire mais enfin pas plus que les autres jours non plus. Ça coince un peu le jeudi lorsque je vais pour courir, j’hésite à y retourner le lendemain, peut-être que je ferais mieux de me reposer même s’il n’y a pas d’enjeu, c’est l’occasion, d’autant que ça tire particulièrement, d’ailleurs je n’hésite jamais autant avant d’y aller, mais j’y vais quand même parce que j’ai le temps jusqu’au rendez-vous au japonais. Mauvaise idée, très mauvaise idée, je n’arrive plus à courir, les jambes sont quasi raides. Les rendez-vous au japonais, c’est bon mais ça ne fait pas de miracle, alors le samedi au réveil lorsque je m’aperçois que je ne parviens même plus à marcher correctement, je prends rendez-vous chez l’osteo, n’importe où dans le quartier, pas loin et tout de suite. Il fallait que je tombe sur la praticienne que j’avais rencontrée lors de ma fracture de fatigue du bassin, celle à qui j’avais écrit que je ne voyais pas d’autre solution à ma douleur, je la croyais musculaire avant de faire la scintigraphie, que l’ablation du fessier. Elle se rappelle de moi et de mon délire, cinq ans après son geste est plus sûr ou j’ai lâché prise et appris à faire confiance, toujours est-il que lorsqu’elle me parle de l’inflammation d’une lombaire je la crois et, résignée, je renonce à mon triathlon XS. C’est l’année, il ne faut pas chercher, c’eut été miraculeux de participer à un super sprint. J’étale ce qu’il me reste de baume du tigre sur la zone souffrante et je laisse agir, prenons la chose avec philosophie, cette blessure est là pour me rappeler mes limites. Le dimanche, jour de l’épreuve sur laquelle j’ai fait une croix, je me réveille avec l’impression de ne m’être jamais endormie tant la douleur est devenue persistante, pire elle me paralyse au niveau du bassin et m’empêche de me lever sans appui ou d’avancer sans prendre des précautions par milliers avant de poser un pied à terre avant le suivant. Café, douche, pharmacie. Pourquoi n’ai-je pas pensé au patch et à l’aspirine tout de suite, pourquoi n’ai-je pas conscience de la chance que c’est de monter mes trois étages tous les jours, parfois plusieurs fois par jours, sans encombre ni gêne, pourquoi suis-je allée courir une dernière fois avant le week-end alors que tout était prêt pour en profiter. Je m’assoupis presque devant un film qui se déroule à Berlin, le patch fait effet, l’aspirine m’enveloppe dans sa bulle, je sens mes nerfs se détendre, il est bientôt 13h. J’aurais dû partir avec la vague de 15h, la dernière avant la remise des médailles, normalement je suis dans les vagues de midi ou du matin, j’avais prévu de prendre le bus de 13h12 pour arriver à temps au briefing prévu à 14h avec les autres concurrents. A 13h13, ma montre me dit de bouger, mécaniquement je me lève pour aller boire, puis je me rallonge pour regarder la suite du film mais quelque chose ne m’a pas échappé, j’ai pu me lever sans tout le théâtre de précautions nécessaires le matin, et j’ai marché. Quand je me relève parce que je n’arrive plus à me concentrer sur le film, il est 13h42. C’est bien trop tard pour arriver à temps pour le briefing puisque le bus met une bonne demi-heure pour arriver à la piscine Jacqueline Auriol, mais enfin il ne sera pas 15h. Bien sûr, tout était prévu, mon sac de piscine préparé, manquait juste la trifonction. Bien sûr, le seul bus de la demi-heure arrive, je me paie le luxe d’accélérer la marche à pied. Ce n’est pas que je ne sente plus rien, mais ça n’a plus rien à voir, je suis anesthésiée. Dehors il fait beau, je ne me sens presque plus handicapée, pas plus stressée que cela puisque je ne suis pas certaine de pouvoir concourir étant donné mon retard, mais au moins j’aurais essayé et rien à regretter si je devais repenser à cette fichue lombalgie. J’ai prévenu de mon retard et à mon arrivée, je suis presque escortée jusqu’au vestiaire, le briefing débute lorsque je rejoins le petit groupe de ma vague. J’y suis, par miracle. Le départ est donné dans l’eau, et comme cela s’est déjà produit lors de ma dernière participation à un super sprint, c’est la championne catégorie sénior qui nage dans ma ligne, elle me met une coulée d’avance direct et un aller-retour dans la vue sur 300m. Mes lunettes de nage qui n’avaient plus du tout fait parler d’elle depuis mon premier triathlon S en eau vive où elles avaient pris la tasse jusqu’à m’inonder, d’un coup je sens l’élastique qui s’échappe par l’avant et je dois tout réajuster avant de basculer en brasse coulée pour récupérer mon souffle, je m’étais pourtant bien entraînée. J’en suis à mon dernier aller-retour lorsque je prends la décision d’arrêter le triathlon. Je sors de l’eau malgré tout et je cours à mon vélo, j’enfile mes chaussures si facilement que je puise dans ce petit succès un regain de motivation pour affronter les 6km de vélo. Il se trouve que j’ai rattrapé deux de mes concurrentes sorties avant moi du bassin lorsque je descends du vélo pour m’élancer sur la course, personne ne me doublera à présent j’en mets ma lombaire à couper, qui commence à se réveiller de sa léthargie. Cinq boucles aux virages en épingle, je crispe de partout mais je finirai. Voilà, j’ai fini.

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