J-14 avant les 10km de Nice, une envie soudaine de m’inscrire à cette course qui sera la première de l’année et commencer l’année dans un nouvel élan sans blessure, que du neuf. J’ai couru à nouveau seule, tous les jours une petite sortie sans forcer, un peu comme cet été sur l’île, mais sans marcher non plus, de quoi me donner l’occasion de faire des étirements, histoire de changer mes mauvaises habitudes, cesser la négligence, acquérir les bons réflexes. J’ai pris un plaisir quasi inédit à courir mon quatrième 10km de l’année à l’occasion de la corrida d’Issy-les-Moulineaux, pourtant le parcours tout en virages et passages étroits n’était pas des plus simples, il avait l’avantage de dérouler contrairement au 10km Adidas qui achevait les coureurs les plus téméraires à l’abord des tunnels sur les quais de Seine au 8e km. Le trajet, composé des deux mêmes boucles comme pour la course contre l’endométriose, ne m’a pas non plus paru interminable comme cette dernière dont j’étais persuadée que je ne finirai jamais la seconde boucle tellement j’étais essoufflée, au bout de ma vie et au ralenti. Comme pour la course « Pour le plaisir », j’ai commencé par slalomer sur les deux premiers kilomètres pour doubler le mur des premiers coureurs et pouvoir avancer sans être coincée. Pourtant à aucun moment je n’ai réussi à sortir de ma zone de confort, jamais je n’ai essayé alors même que j’en étais encore à doubler les coureurs qui me ralentissaient sur les derniers kilomètres, dans ces moments d’accélération ponctuelle qui me surprenaient moi-même, jamais je n’ai voulu voir à quel point je pouvais donner plus d’énergie encore et tirer sur tout ce que je pouvais, les bras et le souffle, pour me dépasser puisque je suis et reste la seule personne que j’essaie de dépasser depuis le départ jusqu’à la ligne d’arrivée de cette distance. Jamais je ne me pousse au bout de l’effort ou alors, le souvenir de la seule fois où cela me soit arrivée m’empêche définitivement de récidiver parce que j’ai fini, mal préparée, avec une fracture en train de m’entraîner avec des marathoniens, je venais de finir mon premier semi. Par peur d’avoir mal à nouveau, je ne sors pas de la zone où ma respiration reste normale et ma foulée calée sur mes sorties matinales, je sais que je devrais lever les jambes davantage. Tous les matins du mois de décembre, je suis retournée courir de mon côté et j’ai senti l’hiver s’immiscer dans la solitude de mes courses, c’est dans cette solitude que je me sens le mieux. Et les autres coureurs qui se pressent derrière la ligne de départ et me doublent sur tout le trajet n’y font rien, je ne change pas d’allure et ne double à mon tour que parce que la personne devant moi ralentit mon rythme de bulldozer lancé à vitesse constante, je fonce en douceur et sans me défoncer ni passer la deuxième vitesse, ce levier là je ne le connais pas. Ralentir pour aller plus vite. Et pour aller plus loin, on va apprendre à lever les yeux surtout, élargir encore les horizons, cela ne devrait pas me sortir de ma zone de confort que de sortir de ma bulle de temps en temps, le temps au moins de préparer mon quatrième marathon. M-4

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