La cloche de mon église sonne 19h et j’attends d’être demain à 17h, je n’attends que ça. Le cloche de mon église sonne 19h tapantes lorsque j’arrive au pied de mon immeuble, s’agit-il d’une maîtrise de ma part ou du hasard dont je raffole parce que tout s’accorde ?  Cela n’aurait pas été la première fois que je brave le couvre-feu pour finir ma course, aucun danger dans le fait d’accélérer sur la fin, que ce soit par défi ou par excès de zèle, le fait est que je n’y suis pour rien et pourtant cette symbiose ressemble à la perfection vers laquelle j’aimerais tendre sans parvenir à l’approcher sinon lors de ces rendez-vous. Mais demain à 17h, il peut aussi ne rien se passer du tout, je sors mon vélo et on roule. Cette semaine, je dois relever le défi d’accomplir une distance L, 1900m de nage puis 90km de vélo enfin 21km de course à pied, voilà de quoi m’occuper jusqu’à jeudi, 17h. Pour m’entraîner à ce L, le label me fixe des objectifs d’entraînement quotidiens, à savoir nager 2000m, rouler 45mn et courir 40m, au choix selon ma motivation du jour, lundi j’atteins l’objectif natation le midi, j’ai roulé le matin avec flemme et couru le soir, mardi j’atteins l’objectif course à pied en profitant d’un soleil radieux sous les cerisiers, le midi j’ai rendez-vous pour nager avec elle, le soir je roule sans motivation particulière, mercredi j’atteins l’objectif vélo en m’acharnant près d’une heure sur le home-trainer. Et je la retrouve le midi pour nager, la regarder nager aussi et la retrouver en fin de ligne. Jeudi, enfin jeudi. Je n’ai plus aucune motivation pour aucune distance, aucun objectif, sauf qu’il faut que je tienne jusqu’à la fin de la journée, l’avant dernière avant les congés. Ces heureux hasards qui n’en sont pas parce que dans la vie il n’y a que des rencontres, la monnaie qui tombe pile et vous débarrasse du dernier centime, un tracé de course qui forme un cœur que vous n’auriez pas mieux dessiné, le téléphone qui répond à votre soupir, ces petites attentions qui ne signifient rien du tout et vous réconcilient avec tout. 17h. L’avant-dernière journée avant les congés est toujours la pire parce que ce n’est pas le jour de la libération et que toutes les galères vous tombent dessus, vraiment toutes. Vous est-il déjà arrivé d’avoir la sensation instantanée qu’un ange veille sur vous ? Lorsque je vais pour sortir mon vélo, je constate que je n’avais pas fermé la porte de la cave la dernière fois, mon vélo est toujours là et m’attend, la journée n’est pas si pourrie. Je m’élance vers les quais et tous les feux sont verts, ma grand-mère parlait de grüne Welle, une vague qui porte chance et ne mettra aucun obstacle devant votre obstination, la mienne est aussi tenace que la lumière renversante sous les 16 degrés de cette 16e semaine de l’année, celle où j’ai participé à la 16e saison de l’Amour est dans le Pré. Arrivée sur les quais noirs de monde, je dois rouler dans sa direction, Direction Etoile. Pire qu’avec mes lunettes de nage, je peine à distinguer quoi que ce soit en face de moi, sinon le son d’un klaxon festif, c’est elle. Je crois deviner qu’on partage le même sourire.

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