J+15. Retour au bois de Boulogne pour la reprise après deux semaines de récupération, là où j’ai couru les quatre boucles dont la dernière interminable du marathon des Gay Games. Mais ce n’est pas le même bois, ou plutôt pas la même entrée ni le même parcours, le point de rendez-vous n’est pas donné avenue Foch mais route des Sablons, j’y retrouve un petit groupe comme la première fois où j’ai retrouvé les autres route des Sablons, ou encore à la cabane à bateaux à l’orée du bois de Vincennes. Les autres, ce sont les Front Runners de Paris. Désormais, je ne cours plus seule, j’ai rejoins une association et je peux m’entraîner, mieux je retrouve des coureurs dont l’enthousiasme collectif et les talents individuels me surentraînent et comme pour toutes les premières fois, j’ai envie qu’elle soit marquante alors je m’applique. Je rencontre les Front Runners pour la première fois à l’occasion de l’entraînement au fractionné du jeudi soir au stade Mimoun, je n’ai jamais fait de fractionné sinon la fois où je me suis blessée, autrement dit j’ai provoqué une fracture au lieu de pratiquer du fractionné. Ceci expliquant sans doute ma réticence à retourner à l’entrainement, trois années d’attente avant de me décider à rejoindre un club et ne plus courir seule, progresser entourée d’autres. Je m’applique parce que c’est une première fois et parce que j’ai envie que cela dure, comme pour une relation, cette rencontre avec d’autres coureurs est une rencontre qui me tient à cœur. J’arrive juste à l’heure pour le cercle, un cercle formé par tous les participants et où chacun énonce son nom avant que les nouvelles de l’association soient présentées et que le programme de la séance soit énoncé, en tant que nouvelle recrue je suis applaudie et je m’élance peu de temps plus tard pour les deux tours d’échauffement, à mon propre rythme. J’apprends que les gammes sont indispensables à un véritable échauffement, genoux levés, talons fesses et pas chassés, talons, pointes, une vraie chorégraphie enchainée avec expertise. Puis le départ est pris par vagues depuis la ligne de virage sur la piste du stade pour plusieurs tours de fractionné, ponctué d’accélération sur la moitié de la distance et de récupération au petit trot sur l’autre moitié. J’ai peur de ne pas savoir faire, de ne pas pouvoir accélérer, j’essaie toujours de suivre mon rythme tandis que je suis discute avec une coureuse qui me présente les activités de l’association, l’organisation des Gay Games et le marathon d’automne qui se déroulera cette année à Athènes, depuis la ville historique, j’écoute, j’entends. Et j’accélère à nouveau, cette fois-ci je ne peux m’empêcher de dépasser mon interlocutrice, lancée dans un élan qui m’étonne moi-même, tel un fauve libéré de sa cage. Mon interlocutrice me rattrape au moment de trotter à nouveau, je lui demande s’il y a encore moyen de s’inscrire pour le marathon d’Athènes, qui se déroulera le 11 novembre, soit trois mois tout pile après celui des Gay Games dans le bois de Boulogne, elle me regarde surprise, est-ce que j’ai réellement l’intention de courir deux marathons à trois mois d’intervalle ? J-77.

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