Novembre sera le mois des courbatures, celles de ma première séance coachée de musculation, puis celles de ce semi-marathon de 23km, que je n’ai pas préparé par de vraies sorties longues. Je m’offre une séance de natation le lendemain en me disant que je ne sentirai rien dans l’eau. C’est le cas, ou plutôt au contraire je sens un soulagement de tout mon corps lorsque je plonge dans le grand bassin dont l’eau chauffée s’évapore en une brume épaisse au contact de l’air en pleine obscurité, je n’y vois pas à trois mètres devant moi sinon en mettant la tête sous l’eau. Une autre nageuse s’entraine dans la ligne juste à côté de moi et progresse au même rythme, une longueur en crawl et la suivante en brasse coulée, j’observe ses mouvements depuis la position de sa main qui entre dans l’eau jusqu’aux battements de ses jambes pour savoir si je peux m’en inspirer, j’aurais presque l’impression de pouvoir lui adresser la parole sous l’eau. Je sors 2000m plus loin mais toujours par le même escalier, mon corps est totalement détendu et les courbatures oubliées au moins jusqu’au vestiaire et son lot de complications gestuelles. C’est en partie rétablie de ma sortie longue de Deauville et une séance de natation en poche que j’arrive le lendemain aux Buttes Chaumont pour le traditionnel décrassage en course à pied, sortie de cette séance je serai définitivement remise de la fatigue et du stress des derniers jours, j’avais déjà en tête l’entraînement côtes et escaliers du mardi bien avant de partir en Normandie. J’arrive en retard et m’incruste dans le cercle formé par les coureurs du club sans reconnaître personne dans la pénombre et nous partons nous échauffer en bas du parc, autour du lac, je suis le groupe de loin pour partir doucement et ne pas trop forcer, je reste même en bas après trois tours tandis que les autres partent affronter le dénivelé en haut du parc, je prends le temps d’être bien échauffée pour remonter à mon tour au moment où les gardiens nous demandent de sortir. Rattrapée par Sébastien, l’un des quatre mousquetaires avec qui j’ai couru le trail du soldat de la Marne, nous parlons un peu théâtre et Nadège, que nous n’avons pas vue encore ce soir, puis il me dépasse pour garder son rythme de course et je continue au mien à tourner autour du parc. Je suis en train de marcher lorsqu’une voix me titille en se demandant qui est encore à la traîne, c’est elle, enfin, qui en est à son quatrième tour du parc, les joues roses et les cheveux mouillés. Tous mes souvenirs de courbatures s’évaporent en un seul instant, nous repartons à son rythme. Vacances dans trois jours et je me sens légère, débarrassée de toute pression, préparée pour un hiver autrement plus espiègle et serein que sous les régimes successifs de longs confinements, bientôt décembre et mon premier trail nocturne, puis le mois de janvier dont je fais toujours aussi secrètement la promesse d’un printemps qui arriverait, en vérité l’hiver ne s’est en général pas encore installé vraiment, toujours est-il que nous profiterons de la douceur de Nice pour courir le premier 10km de l’année, sur la Promenade des Anglais, la préparation se prépare… En attendant, nous retrouvons les autres pour les étirements traditionnels en fin d’entraînement, avant de nous éclipser ensemble le plus discrètement possible pour rentrer par le prochain bus.

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