Genre #3.2.1

Et lorsque je rentre essoufflée et satisfaite, je me sens vidée et prête à construire quelque chose de différent sur cette nouvelle base épurée, comme une case départ dont je ne sais pas encore qu’elle deviendra une obsession à chaque étape, après chaque coup, chaque blessure. L’épuisement devient le seuil d’une possibilité d’éveil à autre chose, forcément plus beau, d’abord il faut en finir avec la grande fatigue, aller au bout de cette lassitude à rester la même, pour ensuite pouvoir appréhender les distances à parcourir et évaluer les forces nécessaires. Toutes les longueurs sont à revoir, les formes dans leurs acceptions les plus larges et banales, à commencer par la coupe de cheveux pour les tirer en arrière et voir les traits du visage se creuser jour après jour, il ne me vient pas à l’idée à ce moment encore de les couper court, d’abord je veux les tenir attachés pour faire apparaître une identité derrière cette chevelure, comme si j’étais l’arbre à découvrir derrière la confuse forêt que je n’aurais pas oser pénétrer. Ensuite, je mesure tous les jours combien mon vieux jogging du temps de mon adolescence ne me va plus, il flotte un peu plus à chaque nouvelle sortie, peut-être finirais-je par le perdre tout entier et ainsi retarder le plus possible mon entrée dans le monde adulte puisque je ne sais pas encore sous quelle identité je dois l’appréhender ni à travers quelle apparence me présenter pour trouver ma place dans un monde dont j’envisage les catégories avec méfiance.

Genre #2.2.1

Tu n’as jamais vu tes faiblesses comme un trait féminin, tu as une faiblesse pour le masculin en toi qui ne te pousse pas vers une force démesurée, plutôt une certaine tendance à la mesure, oui comme une articulation qui te permettrait d’appréhender ton penchant pour les extrêmes. C’est ton masculin à toi, lié à ton côté féminin, et tous deux te nourrissent plus que tout cliché. Ta force nait des vases communicants incessants entre le masculin et le féminin à tout propos, et tu te plais à imaginer un monde où il en serait ainsi en chacun, entre les gens, naturellement. Pourquoi le genre devrait-il composer une identité plutôt que l’ouverture à soi. A tout son soi. Depuis la connaissance intime de ses faiblesses, l’acceptation de celles en face, l’admiration de cette connaissance peut-être davantage que celle pour la force qui divise tout. Tu mises sur ton souffle, tu t’entraînes à l’endurance pour gagner en profondeur, pour tenir, parce que la vie t’a appris à éprouver certains épisodes d’asphyxie, apprendre à respirer donc. Bien sûr le masculin voudrait te pousser à gagner en coffre et te faire entendre, hurler plus fort et tu es tentée parce que la satisfaction est immédiate, tu aimerais en imposer là tout de suite. Mais patience, l’ouverture à soi est une formation qui prend du temps, tout le temps de la vie, tu es ton pire ennemi dans la lutte mais aussi ton meilleur allié dans la victoire qui t’appartient et tu la partages car elle concerne tous ceux qui avec toi forment la grande chorale de la Vie.