Comment je ne suis pas (encore) devenue championne olympique de marathon #18

Je finis ma deuxième série de triple effort pendant mes vacances le samedi matin avec quarante minutes de renforcement musculaire, j’avais déjà noté qu’un trajet paraît toujours plus court à mesure qu’on se familiarise avec chacun de ses segments, en serait-il de même pour une séance de fitness qui paraîtrait chaque fois moins longue à mesure que j’adopte les divers accessoires ? Je m’essaie même à la course sur tapis, j’ai l’impression de courir sur un trampoline, je plane, j’accélère jusqu’à tenir le plus longtemps possible sous les 4mn au kilomètre, je suis en nage et il ne me reste effectivement plus qu’à me détendre avec quelques longueurs de brasse, 1000m. Le bonnet de bain n’est pas obligatoire à Molitor, pour la première fois je nage sans et je laisse également mes lunettes dans la poche du peignoir, je ferme les yeux et je ressens tout plus fort. Deuxième journée entière de récupération dimanche, c’est jour de marché et ça tombe très bien. Après ma petite visite du haut de la Butte Montmartre mercredi, je veux lui montrer le bas de la Butte, mon village de Clignancourt auquel je tiens tout particulièrement, et il me semble que déambuler à la fin du marché, de long en large sur le boulevard Ornano, est une mise en ambiance d’autant plus pertinente que nous avions parlé de trouver des kakis à parfaite maturité. Les stands en regorgent, des kakis comme des clémentines, du cresson et des légumes d’hiver pour concocter les meilleures soupes pour se réchauffer après une sortie, les prix sont bradés, un stand propose ses produits à un euro le kilo, on aimerait tout pouvoir acheter et tout goûter. Plus loin, nous nous frayons un chemin parmi la clientèle de la Recyclerie, les gens sont en plein brunch et haussent la voix pour se faire entendre depuis les grandes tablées conviviales. L’appétit vient en marchant, nous rentrons préparer de quoi nous réchauffer le cœur et le corps. Enfin un film qui nous emporte dans sa construction et son intrigue, « Tre Piani » de Nanni Moretti nous laisse sans voix dans nos fauteuils en cuir de la salle 3 du cinéma Louxor à Barbès, le film se concentre sur les trois étages d’un immeuble dans lequel vivent trois familles dont nous suivons les aléas sur trois générations et chaque fois trois périodes séparées de cinq ans, comme les poupées russes l’histoire n’en finit pas de rebondir comme si le scénariste avait exploité toutes les pistes possibles jusqu’à ce que l’imagination soit épuisée et le public conquis. Nous parlons de partir à Naples, nous parlons du carnaval de Köln, elle me parle de la chanteuse Soko et des films d’Ozon, du conte de « La patte du chat », je sors des limbes d’un confinement profond, c’est en tout cas l’impression que j’ai lorsque je partage avec elle tout ce qui me tient à cœur et qu’elle me fait découvrir des univers dont je n’avais pas entendu parler encore, j’adore et je poursuis toute seule nos conversations, longtemps après l’avoir raccompagnée à la gare. Troisième et dernière série de triple effort en ce jour où je célèbre mon premier mensiversaire dans ce lieu d’effort et de plaisir, le temps est splendide et me permet de m’y rendre à vélo après une boucle de 7km de course à pied, je nage bonnet et lunettes à l’appui, je me sens alignée.

Comment je ne suis pas (encore) devenue championne olympique de marathon #13

Nous sommes le 22 et je pars à 11h11 après neuf heures de sommeil tout pile, à la minute près, d’un sommeil vacancier plus réparateur que jamais, le soleil est levé depuis un bail, elle aussi. Le trajet à vélo n’est pas forcément moins agréable à cette heure-ci qu’à six heures du matin, sinon que les livraisons sont en cours et les portières des camionnettes s’ouvrent un peu partout, je dois slalomer entre les bus aussi en ce lundi matin mais les trottinettes ne sont pas de sortie. J’arrive devant Molitor au moment exact où ma montre sonne les dix kilomètres, la perfection, et je constate sans surprise qu’il n’y a pas grand monde dans le bassin extérieur, pour une fois je prends l’une des lignes au milieu plutôt que de rester sur le côté et je commence à nager lorsque j’identifie bonnet violet d’un triathlon longue distance, le nageur prend la ligne à côté. Il nage un crawl posé dont l’allure puissante et régulière semble pouvoir le porter sur des heures sans s’arrêter, je continue à nager à mon rythme, sauf que le triathlète se retrouve je ne sais comment à ma hauteur sans me doubler, nous pourrions presque converser par signes sous l’eau mais j’opte pour une accélération en me disant qu’elle va me coûter en endurance et que je vais finir par me faire doubler très vite, pourtant je relève le défi et m’efforce de garder le rythme. Sans savoir s’il me tient dans son viseur, sans paniquer non plus, je me concentre plus que jamais sur ma position, mon souffle et mes mouvements, j’essaie de ne pas perdre de temps en fin de ligne comme j’avais tendance à le faire sur les 400m de super sprint pour récupérer. Combien de temps s’écoule-t-il depuis que nous nageons de manière synchronisée, je ne saurais le dire, je suis toujours devant et je sens que ma séance pourrait tirer à sa fin, vérification 2500m. Je laisse le nageur progresser, sans doute vise-t-il à cette allure de mercenaire un joli 5000m. Le coach vient vers moi alors que je sors de l’eau, il me demande comment s’est passé Deauville, si j’ai des courbatures et quel est mon programme, je lui détaille ma séance de natation précédée et suivie de 20km de vélo avant de finir par un petit tour de pâté de maison. Il m’encourage à « continuer comme ça », un peu comme si j’avais son aval pour en faire autant que je veux en cette semaine de vacances, ce que je m’empresse de raconter en envoyant une photo de mon thé brûlant depuis le bord du bassin, une fois rhabillée, accompagné de mille baisers, elle m’encourage elle aussi à « continuer comme ça », je prépare donc d’autres baisers. Mieux, je lui envoie le tracé de ma course à pied en forme de cœur, pour conclure ce triathlon. Elle a sa théorie pour m’aider à gagner ces sacro-saintes cinquante minutes sur un triathlon long, plutôt que de gagner une demi-heure sur le vélo, dix minutes sur la natation et dix autres sur la course à pied, il me suffirait de changer de matelas, boire beaucoup plus et me reposer. En appliquant à la lettre ses préconisations pendant tout le week-end, je profite d’une forme olympique pour aborder cette semaine de vacances ensoleillé, le cœur léger je m’endors au ciné.

Comment je ne suis pas (encore) devenue championne olympique de marathon #12

Vacances, vacances enfin, envie de profiter de ce temps vacant pour tout pouvoir faire et surtout ne rien faire du tout, sinon profiter de tout ce temps devant moi pour en apprécier chaque instant. Si l’on m’avait dit que je commencerai cette période privilégiée en participant à un karaoké, jamais je ne l’aurais cru, et pourtant à l’occasion d’un rendez-vous pour préparer notre concert, il se trouve que nous sommes inscrites nous trois choristes pour chanter Zazie, J’envoie valser. Il suffit parfois de sortir le vendredi pour se sentir déjà loin, vraiment très loin de la semaine travaillée le samedi matin, c’est le sentiment avec lequel je me réveille lorsque je reçois son texto qui me dit qu’elle va courir, j’ai envie de changer mes habitudes et je retourne au stade, je n’y suis pas retournée depuis qu’un passe sanitaire est exigé pour y accéder, j’ai un objectif. Nice et son 10km au soleil, je dois me remettre au fractionné si je ne veux pas être ridicule, j’opte pour une séance de dix fois 400m comme je n’en ai encore jamais initié, alors j’accélère, des années lumières que je n’avais plus retrouvé cette sensation au moment de passer sous le seuil du 3’50 au kilomètre, lorsque je vois la vitesse s’afficher sur ma montre j’exulte sur place, cette même vitesse que j’ai atteint sur ce stade Max Roussié au moment de la fracture de fatigue. Pourquoi ce matin, après ce petit texto échangé pour partir courir en même temps, pourquoi aujourd’hui avant de profiter d’un week-end ailleurs qu’à Paris, pourquoi ce week-end après des semaines de compétition pour être un minimum à la hauteur, pourquoi maintenant alors qu’aucun enjeu à court terme ne me pousse à courir, pourquoi là maintenant tout de suite cet élan fou comme sorti de mon adolescence me pousse à tout donner jusqu’à l’étourdissement, j’écoute la musique à fond et dans mon fantasme je fais tout sauf courir, je brûle d’un désir fou. Je pars en vélo sans avoir bu un verre d’eau, j’ai regonflé les pneus parce que je sais que les chemins seront plus caillouteux qu’ailleurs et que je vais devoir redoubler de vigilance, de fait je connais le tracé par cœur jusqu’au parc de la Poudrerie et même après jusqu’à Claye-Souilly, mais pas après et le froid agissant sur mon cerveau je commence à croire que j’ai passé Meaux, je continue à pédaler en rase campagne sans plus rien connaître des chemins de halage qui me malmènent, je jongle entre la bouteille et les cadeaux que j’ai dans mon sac et le chaos sur la route qui semble vouloir me jeter dans le canal mais je tiens toujours bon, j’arrive à Trilbardou. Déjà, ce nom ! Deux fois, j’ai déraillé, pour une raison qui m’échappe je doute un peu du trajet. Alors je lui envoie un premier message sans avoir au préalable annoncé que j’arrivais à vélo. Ni une ni deux, elle me dit qu’elle met ses bottes et vient à ma rencontre sur le canal, je revis, je n’ai pas traversé quarante kilomètres dans la campagne pour rien, la direction est bonne, continuons, battons-nous contre les pierres qui me font dévier et mesurer ma fatigue physique, à un moment donné elle va apparaître devant moi et je saurai que je suis bien arrivée à bon port. Mes bras n’en peuvent plus de contrer chaque attaque de ce chemin de halage interminable, j’avance et soudain elle est devant moi alors je freine, je souris et je finis dans ses bras, heureuse.

Direction Etoile #47

Mercredi 13 octobre, cela fait 10 jours que j’ai franchi la ligne d’arrivée de mon dernier triathlon longue distance, j’ai récupérer en me décrassant sur une petite sortie de quartier avant de prendre le départ d’un tout aussi petit trail sous un joli soleil en bord de Marne. L’année dernière à la même date, je nageais une dernière fois dans le lac de Torcy et l’eau était à 13 degrés, j’avais paniqué sans qu’il n’y ait aucun départ de course ou autre épreuve en cours, le froid m’avait simplement pris à la gorge et empêché de respirer. Cinq triathlons plus tard, je connais par cœur cette sensation, à défaut de savoir l’éviter, j’apprends à faire avec en gardant en tête qu’un triathlon se joue dans chaque discipline, et pas seulement à la mise à l’eau, comme une journée est faite de plusieurs moments. Cette année, le même week-end donc, c’est un Classics Challenge qui est au programme et jamais je ne me serais inscrite à une étape cycliste aussi longue il y a quelques mois, aujourd’hui c’est l’occasion de sortir mon vélo de course de son sac et profiter du soleil. Le parcours part comme d’ordinaire de Paris avec pour direction Montargis à 155km, plusieurs étapes sont proposées avec des gares si l’on veut écourter la distance, j’ai noté celle de Fontainebleau à 80km comme un bel objectif, ou encore Moret-sur-Loing, 77. Le rendez-vous est fixé au vélodrome de Vincennes à 8h30, je croise sur ma route Edwige, quelle aubaine pour être certaine de trouver le point de départ, les cyclistes sont arrivés en nombre et les départs sont donnés tous les quarts d’heure, selon son allure. Notre groupe part à 8h45 et je suis le peloton, un énorme peloton, ça me change des derniers parcours vélo où la distance de rigueur entre chaque cycliste était de 12m pour éviter le drafting, je garde ma ligne droite pour ne pas gêner les autres, I ride the line. Sortir de Paris ne m’a jamais paru aussi simple, très vite nous traversons la banlieue puis les villes de proximité et les paysages commencent à s’étirer et prendre de l’espace sous le ciel qui se dégage pour nous ouvrir un horizon plus serein, moins urbain, très beau. Arrive la première côte et le peloton s’étiole, je pars en danseuse pour passer en force sauf qu’il ne s’agit plus d’un faux plat et je ne tiens pas longtemps sans changer de vitesse, je dois m’arrêter pour activer le levier et remonter en pleine cote, c’est la chute. Je me retrouve au même endroit qu’en pleine côte de Saint-Laurent sur le départ de la partie vélo du triathlon de Deauville, sauf que personne n’est là pour me pousser au cul, je tente de prendre mon élan, je pédale du pied droit uniquement, je retente et ça repart. Règle numéro un, ce que je m’étais promis de faire au moment de reprendre l’entraînement, je m’oblige à le faire avant d’y retourner, je dois changer de guidon pour changer de vitesse ailleurs qu’au bout des prolongations qui m’échappent en pleine côte. J’ai perdu mon groupe et la confiance que j’ai acquise en cette fin de saison, case départ.

Direction Etoile #42

L’année dernière à la même date, j’avais participé à mon seul triathlon de toute l’année, un XS à la piscine de Jacqueline Auriol dans le 8e alors même que j’étais paralysée, victime d’un déplacement de bassin que j’avais anesthésié à l’aide d’un simple patch. J’avais enduré des semaines ensuite sans pouvoir courir, mais j’avais gagné la médaille. Ce dimanche, j’ai participé à mon deuxième triathlon longue distance après Les Sables, aucune douleur particulière ou inquiétude cette année, et surtout la météo était parfaite. Troisième réveil à 5h du matin pour rejoindre Nath et sa voiture déjà prête à me recevoir, Storm se cale à l’arrière et je prends place devant, il fait nuit noire, les fêtards rentrent, nous avons une heure de route devant nous, le temps qu’il faudra au soleil pour se lever. Arrivées sur place autour de 7h, une nappe de brume enveloppe le lac et donne à la base un aspect magique hors du temps, j’ai du mal à me projeter en train de nager étant donné la température extérieure encore trop fraîche, la lumière trop faible, l’heure matinale, mais une heure après nous apprenons dans un soulagement général que l’eau est à 21,6°. Je retrouve Jérôme et Michel, inscrits sur le M, et Tim au moment où il accède au parc. Il est stressé comme moi par le départ de la natation en masse plutôt qu’en rolling start, au moment de s’élancer je laisse partir devant les champions pour recevoir le moins de coups possibles, ça part vite et 100m plus loin nous n’avons déjà plus de fond, tous les athlètes sont obligés de marcher dans l’eau pour accéder enfin à la première bouée. Virage à droite et première ligne droite avec le soleil dans les yeux, je nage à la brasse pour récupérer de la panique du départ, puis je trouve enfin mon rythme en crawl au prochain virage, avant de sortir à l’australienne et replonger à l’assaut de la seconde boucle, cette fois-ci en crawl uniquement, j’entends Nath m’encourager sur la plage. Une fois sortie de l’eau, et même je n’ai paniqué à aucun moment voire profité de bonnes sensations, je ressens un immense soulagement parce que le pire est passé, je vais pouvoir enfourcher mon vélo et profiter pleinement du vélo pour dérouiller les jambes. Le parcours sillonne les environs de Fontainebleau et nous réserve quelques jolies bosses, nous traversons trois villages mais croisons peu de public durant ces trois heures. Autant je me demande systématiquement pendant la partie natation, et ce quelle que soit la distance puisque je me souviens de ce moment-là lors du triathlon XS l’année passée, pourquoi je ne me mets pas plutôt à l’aquagym ou au waterpolo plutôt que de peiner, autant sur la partie vélo, qui n’est pourtant pas mon point faible, je prends un plaisir fou. Je passe toujours les bosses en force et sans changer de vitesse, ce qui est une aberration sur une distance de 90km mais je ne maîtrise toujours pas la tenue sur les prolongateurs, dans les descentes je pédale dans le vide, je ne pédale plus, je savoure à fond la vitesse. Je ne passe pas les vitesses et je ne bois pas une seule goutte d’eau pendant tout le trajet. Autant dire que j’ai des progrès à faire si je veux rentrer dans les rangs des cyclistes amateurs, aucun ravitaillement n’est autorisé, je prends ma soif en patience, je pédale. Arrivée dans ma zone de transition, je récupère la gourde et je pars pour la course à pied, voilà une occupation qui va m’emporter sur la première boucle de 10km en buvant à petite gorgée tous les 100m, on nous avait prévenu qu’il s’agissait d’un trail, je déguste. Devant moi, une cycliste semble ouvrir la voie à une coureuse dont la foulée me plaît, je me cale un instant sur elle après avoir doublé les deux coureurs qui la suivaient aussi, puis je finis par la doubler elle aussi, sauf que la cycliste reste devant moi et se retourne. Elle me demande une première fois si je suis bien sur le parcours du L et non pas du M, c’est le cas, elle continue à rouler et moi à boire, puis elle me demande si j’en suis bien à ma seconde boucle, j’infirme en réalisant que la coureuse derrière est proche de la fin. La première femme finira son L en 4h44, et j’ai eu la chance de la croiser sur ma boucle. Autant dire que sans cycliste devant moi et une fois ma gourde vidée, rien ne va plus. J’en ai marre de courir, la faim s’installe, j’ai avalé deux pâtes de fruits par manque d’appétit et je n’ai pas assez bu pour maintenir mon énergie, je bois trois verres de coca et je me mets à discuter avec les bénévoles du stand de ravitaillement à 5km de l’arrivée. Un jour, j’aimerais sentir mes bras mouliner en crawl au point que je dépasser et slalomer entre les nageurs comme je le fais en piscine, j’aimerais pilonner les kilomètres sur mon vélo, être capable d’une reprise en fin de chaque accélération sur prolongateurs, j’aimerais maintenir le rythme que j’insuffle au début de ma course jusqu’à l’arrivée sans recourir à n’importe quel prétexte pour décélérer, j’aimerais entrer en zone rouge. J’arrive à cent mètres de l’arrivée, j’entends mon nom au micro, je suis contente, un peu. Soulagée surtout, heureuse vraiment lorsque je me rappelle de l’année dernière au XS, jamais je ne me serais projetée à l’époque sur un L, encore moins sur un deuxième déjà. Pourtant, je reste sur ce goût de reviens-y lorsque je considère chacun des efforts séparément et la marge de progression énorme qui m’apparaît, rester en crawl quoiqu’il arrive, mouliner toujours plus vite et plus longtemps, maintenir le cap en course à pied. Le Frenchman se profile déjà dans trois semaines, aucun miracle n’est possible d’ici là, mais je peux d’ores et déjà prévoir mon programme pour les longs mois d’hiver que je redoute tellement, en misant sur la dynamique de groupe et les entraînements au club, j’ai apprivoisé mon super bolide et ce n’était pas gagné après des mois à l’appréhender. Parions sur la douceur de l’automne pour continuer à sortir aussi souvent et longtemps que possible maintenant que j’ai la distance d’un triathlon longue distance dans la peau.

Direction Etoile #41

La nuit nous a surpris en plein bois de Vincennes alors que nous tournions depuis plus d’une heure sur le Polygone, nous n’étions plus que trois filles, les autres de l’atelier enchaînement course à pied vélo avaient disparu avec le jour, le ciel m’avait fascinée. De bleu, il avait viré rose et s’était obscurci en déclinant toutes les teintes du crépuscule. A dix jours du prochain défi – le Triathlong de Bois-le-Roi, un triathlon longue distance avec deux boucles de 950m dans le lac de la base de loisirs, un parcours de 90km en forêt et deux boucles de 10km sur sentiers -, il était grand temps de retrouver les bases d’un entraînement vélo avec accélération en ligne droite et reprise en danseuse, 10 fois. A l’issue de ma dernière séance au Polygone, juste avant le Half-Ironman des Sables, un orage avait éclaté et j’étais rentrée sous un rideau de pluie, et comme une prédiction il avait plu pendant toute la partie vélo du triathlon, à quoi dois-je m’attendre dans ce sens sur le Triathlong, la nuit va-t-elle tomber dès midi, le jour ne se lèvera-t-il pas ? Cinq jours plus tard, je vais nager à Torcy, je pars en vélo pour gare de l’Est et j’attrape un train plus tôt, celui de 18h16, je suis sensée récupérer mon dossard pour dimanche. Seulement mon contact n’est pas sur place, la voilà la nuit, je vais devoir arriver très tôt. Je pars nager alors que les autres triathlètes arrivent sur la base, il fait très chaud et la mise à l’eau prend des airs de vacances, je fais le tour des trois îles sans m’arrêter, presque mécaniquement alors que j’avais pris l’habitude auparavant de passer à la brasse le temps de m’orienter à nouveau dans la bonne direction, cette fois-ci je trace ma ligne. J’arrive à temps pour sauter dans le train de 20h08, j’ai gagné un beau coucher de soleil. Lorsque je pars courir deux jours plus tard, je sais que ce sera ma seule sortie de la semaine alors je trace une jolie boucle de 8km sur le temps imparti par la pause déjeuner. Difficile de trouver le juste équilibre la semaine de l’épreuve, faire du jus sans ramollir, rester active sans arriver épuisée le jour J, alors je marche, je m’étire, je me couche tôt.